Mes pérégrinations en
Asie*************
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Louise
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J’ai
assisté à mon 1er mariage hindou. C’était le mariage entre Urmila du village de Solang (une amie de Koshalia) et Heeralal du village de Burua. Il s’agit d’un mariage qui se déroule sur 4 jours avec des festivités et des cérémonies qui se
passent alternativement dans le village de la mariée ou du marié. Nous étions invitées par la future mariée dans la maison de ses parents.
Je n’ai pas tout compris des cérémonies car il se passe tellement de choses et je n’avais personne qui pouvait tout me traduire ou m'expliquer mais j’ai adoré l’expérience et en ai savouré chaque instant.
Il faut quand même dire que nous avons mis du temps à décoler de Goshal car les femmes indiennes quand elles se préparent, c’est long! Il faut
donc s’armer de patience. J’ai oublié de mentionner que seules les femmes étaient invitées, donc un party de filles quoi!
Koshalia et moi avons porté la tenue locale : le patou pour l’occasion. C’est Koshalia qui me l’a installé car c’est fait en un seul morceau
qu’on doit enrouler et plier d’une certaine manière. Tout un art, mais moins compliqué à porter que le sari à ce qu’il parait.
Me voici donc un peu engoncée dans mon patou et portant des sandales prêtées par Nisha qui ne me tiennent pas aux pieds et avec un talon de surcroît, un vrai cauchemar pour marcher dans la caillasse!
Nous partons avec plus d’une heure de retard car Nisha devait préparer les enfants, prendre sa douche, se laver les cheveux, se coiffer,
s'habiller et se maquiller…
Nous passons d’abord sous une arcade décorée de guirlandes et arrivons alors que les danseurs traditionnels avec leurs pompons jaunes dans les
cheveux font la farandole avec les invitées au son de la musique locale. Il y a beaucoup de monde et je suis éblouie par la beauté des tenues, les couleurs, les dorures, les broderies, les patous
multicolores. Tout est magnifique. Pourquoi n’est-on pas capable d’avoir d’aussi belles tenues en Occident? Pourquoi personne n’ose porter toutes ces couleurs chatoyantes? J’adore.
Les futurs mariés sont sagement assis sous l’auvent de forme carré qui leur est réservé. Quand nous arrivons le pandit (prêtre hindou) est assis
et préside la cérémonie. Il y a de l’encens qui brûle. À côté du futur marié se trouve son frère. Les parents de la mariée tournent autour de l’auvent l’un derrière l’autre reliés par un foulard
rouge.
J’ai juste le temps de prendre quelques photos et déjà Koshalia me fait signe que l’on doit monter à l’intérieur de la maison. Nous nous asseyons pour prendre un chaï et manger des biscuits. Elles discutent avec d’autres femmes et moi j’observe leur tenue vestimentaire.
De retour dehors, je suis fascinée par la cérémonie et par la
beauté de la mariée. Elle semble sortie tout droit d’un conte des Milles et une nuit, toute de rouge et or vêtue avec ses bijoux, ses tatouages au hené aux mains. Ses yeux sont maquillés de Kool
noir et son regard semble perdu dans le vide. Sublime!
Le marié est aussi très beau avec sa longue veste blanche et un foulard rouge sans oublier son turban rouge et doré. Ils ont tous les 2 une guirlande de fleurs blanches autour du cou.
Pour l’occasion, je suis privilégiée car assise en face du
nouveau couple alors que je prends des photos à côté du photographe officiel du mariage, celui-ci me fait comprendre que son appareil photo ne fonctionne plus correctement pour les plans
rapprochés et me demande s'il peut emprunter le miens en utilisant sa carte mémoire pour la séance de photos des mariés et des membres de la famille qui va avoir lieu à l'intérieur après les
cérémonies.
Je me retrouve donc comme assistante photographe à suivre les mariés et à les observer alors qu'ils se plient patiemment aux centaines de poses que le photographe leur demande. Je suis spectatrice du 1er rang et je discute un peu avec Heeralal qui connaît Ashu et qui a fait partie de l'équipe olympique de ski de l'Inde. Incroyable non? Et moi qui ne croyais pas Ashu quand il me disait que l'Inde avait une équipe de ski alpin aux jeux olympiques...
Et privilège de la nouvelle assistante photographe, j'ai moi aussi droit à ma photo avec les jeunes mariés! 
Une demi-heure plus tard, je retrouve ma belle-famille et nous allons souper avant de partir. Là encore il y a une organisation du tonnerre. Les invités vont manger par groupe d'une centaine à la fois. Un groupe d'hommes du village font le service. Nous sommes tous assis sur des morceaux de jutes en rangées ou plutôt en rectangle et je fais face aux danseurs aux pompons jaunes. Le service commence par la distribution des assiettes et ensuite tous les plats: le riz, plusieurs sortes de dhal, de légumes, de curry et pour finir le dessert: un riz orangé sucré. Je suis vraiment impressionnée par l'ampleur et l'organisation de ce mariage.
J'ai passé une journée inoubliable, un des beaux moments de ce séjour et qui n'était pas planifié.
Tous mes souhaits de bonheur aux jeunes mariés Heeralal et Urmila!
Il y a de nombreux hôtels mais
malheureusement les commodités ne sont pas toujours là. Le plus gros problème de Shimla c’est le manque d’eau. En fait, j’ai compris qu’il fallait
que je retourne à l’hôtel en mi-journée pour avoir de l’eau et l'électricité afin de me laver. Le matin: pas d’eau et le soir souvent pas d’eau et parfois le chauffe-eau ne fonctionne pas.
L’autre désagrément ce sont les singes. Mehru m’a dit que les humains avaient envahi leur territoire. Ils sont présents partout et ne sont pas toujours sympathiques.
Hier soir je me suis régalée à me promener dans les ruelles autour du Mall ou l’on trouve plein de petites
boutiques ou stands ainsi que le marché aux légumes. Cela grouille de monde. Il y a toutes sortes d’odeurs. J’adore me mêler à cette foule paisible et regarder ce qui est à vendre.
J’ai encore craqué pour des vêtements indiens, des blouses longues de toutes les couleurs pour environ $5.4 chaque. J’ai pris aussi plusieurs leggings pour aller avec à environ $3. Il va falloir que je me calme sinon cela ne rentrera pas dans mes 2 bagages.
Cette après-midi je suis montée jusqu’au temple de Jakuh, dédié au dieu singe Hanuman dont la statue immense rouge peut se voir de loin. En règle générale on peut dire que les
Indiens ne sont pas sportifs et ils marchent le moins possible. L’une des rares occasions ou ils sont prêts à faire des efforts c’est quand il s’agit de visiter des lieux religieux car ils sont
très pieux. Comme bien souvent les temples sont construits dans les hauteurs, ils n'hésitent pas à grimper pour faire une prière et je peux témoigner que cela grimpe pour atteindre ce
temple!
Je prends le bus Deluxe (catégorie inférieure au Volvo car non disponible sur ce parcours) pour Manali ce soir à 20h20. Je devrais arriver vers 6h demain matin. Mehru viendra me chercher à la gare des autobus. En attendant, je me ballade. C’est la fête de Dusshera qui commence aujourd’hui et c’est noir de monde dans le Mall. Il paraît que Koshalia, ma belle-soeur m’attend avec impatience car nous devons aller passer 2 jours ensemble à Kullu pour Dusshera. C’est LA PLACE dans l’Himachal Pradesh pour célébrer ce fameux festival.
J’ai dit au revoir à Louise, Maite, Bernadette, Marie-José, Daniel et Damien à 8h30 ce matin, alors qu'ils prenaient leur bus Volvo pour Delhi. Les bus Volvo c’est le top du top des bus en Inde. Leur séjour en Inde achève. Ils devraient arriver ce soir dans le quartier tibétain de Delhi. De là un ami de Mehru qui a une agence de voyage viendra les attendre et les guidera pour prendre un taxi pour l'aéroport ou pour l'hôtel à Delhi pour ceux qui restent 1 nuit de plus.
Les deux prochains jours vont un peu chambouler le reste de notre programme. À 8h, nous nous retrouvons tous au restaurant du Shivalik hotel pour le petit-déjeuner: alu parentha pour moi mais avec seulement un soupçon de pommes de terre. Alors que le groupe part à la découverte du lac et du village que je suis allée voir au lever du jour, j'en profite pour faire une petite lessive et ensuite retourner à l'unique boutique de souvenir ou j'achète d'autres boucles d'oreille mais surtout les timbales tibétaines dont j'avais tant envie. J'en trouve qui ont un son magnifique et le vieux monsieur de la boutique me les vend pour la moitié du prix de celles de Kaza. En plus elles ont l'inscription 'Om mane padme aum' gravé. J'en profite pour m'instruire car le propriétaire de la boutique a beaucoup de connaissance sur le bouddhisme. Il m'explique que ces timbales sont fabriquées au Tibet et qu'elles contiennent 5 métaux (incluant une infime quantité d'or, d'argent, du cuivre...), ce qui explique le son magnifique qu'elles émettent avec une vibration qui dure plusieurs secondes. Il m'explique aussi comment les utiliser pour avoir le meilleur son.
J'en apprends aussi sur la signification des 8
symboles boudhistes chanceux que l'on retrouve un peu partout, comme sur les portes à l'entrée des villages ou des monastères. Je découvre que le symbole que j'aime tout particulièrement et dont
j'ai acheté un pendentif à Tabo qui est un ensemble de fils entrelacés avec des noeuds signifie: longue vie et amour éternel. Cela me convient tout à fait.
Nous nous mettons en route pour Kalpa vers 10h
en longeant non plus la rivière Spiti mais Satluj. La route en lacets descend et est en assez bon état jusqu'à ce qu'on approche du village de Pooh ou Puh (l'orthographe change selon les guides
et les cartes). On remarque alors de nombreux véhicules, surtout des camions transportant des pommes, stationnés le long de la route et nous apprenons que la route est bloquée un peu plus loin à
cause d'un éboulement qui s'est produit la veille vers 11h du matin.
Mehru décide d'aller de l'avant pour constater l'ampleur des dégats et voir si nous allons pouvoir passer. Lorsque nous arrivons proche du lieu de l'éboulement, nous nous joignons à la longue file de véhicules stationnés et nous découvrons l'énorme rocher qui bloque toute la route. Pas étonnant que cela arrive et c'est même surprenant que ce ne soit pas arrivé avant quand on voit l'environnement. Il n'y a que de la roche partout, qui semble s'effriter et très souvent des fissures avec des blocs qui menacent de s'effondrer à tout moment.
Nous restons là un bon moment à observer ce qui se passe. Mehru et Vicky sont partis à pieds proche du rocher. Nous assistons à un 1er dynamitage: 2 explosions qui nous font tous sursauter, suivi de beaucoup de poussière. Le résultat est loin d'être concluant car le gros bloc est toujours là. C'est à peine s'il semble avoir été touché.
Mehru décide de faire demi-tour pour aller
manger à Pooh, un village très occupé car tous les gens bloqués se retrouvent là dont un camion rempli de policiers. On doit attendre qu'ils aient fini de manger car ils remplissent l'un des
rares restaurant du coin pour avoir enfin le plat national: rice and dhaal. En attendant nous allons visiter un petit gompa avec un énorme moulin à prière et pour la 1ere fois nous sommes
autorisés à prendre des photos des peintures intérieures.
Après notre lunch et alors que j'ai retrouvé un appétit d'ogre depuis mon épisode de gastro, je suis prise d'une rage de sucre et je fais fi des quelques mouches qui se promènent sur les sucreries de l'unique Sweet shop du village pour acheter une grosse boîte de sucreries indiennes.
On assiste à un défilé en l'honneur du départ à la retraite d'un directeur executif du gouvernement. Il est couvert d'écharpes blanches et accompagné d'un moine bouddhiste très important: un Rimpoche ainsi que d'autres officiels et de villageois qui transportent des cadeaux.
On a repris la van en espérant que la route serait dégagée et nous avons assisté à une autre explosion à la dynamite. La pèle mécanique s'affère à ce qui semble un travail de titan. Les gens
locaux ont commencé à traverser à pieds en descendant en dessous de l'éboulement sans se préoccuper du danger et alors que la pêle mécanique continue de gratter les morceaux autour du rocher qui
a maintenant quelques peu diminué.
À la tombée de la nuit, il est évident que nous ne pourrons pas traverser ce soir. On fait demi-tour et Mehru nous trouve un dhaba à côté d'un magasin général sur le bord de la route à Dubling ou nous allons pouvoir souper et dormir. Le repas est simple: des nouilles sautées avec oignons et chou avec du thé noir. On s'est aussi acheté quelques kilos de pommes qui sont délicieuses. On a sorti les tapis de camping et les sacs de couchage et on a tous dormis là, à l'exception de Mehru et Vicky qui ont dormi dans la van.
Nous étions tous debout vers 6h mais avec un
look pas très frais après une nuit plutôt difficile par terre dans ces 40 mètres carrés mais prêts pour le petit déjeuner: omelette, chapati et thé noir. Nous assistons à la marche matinale des
militaires et à la révision mécanique de notre van par Vicky qui rattache une pièce avec une sangle et remplit le réservoir d'essence avec l'aide de Daniel qui tient la bouteille de Coca cola en
guise d'entonnoir.
Je commence à m'inquiéter silencieusement car je sais que la route n'est toujours pas dégagée ce matin. Nous avons perdu une journée et demain soir nous devons absolument être à Shimla car le groupe des 6 doit retourner à Delhi le surlendemain. Je commence à faire toutes sortes de scénarios dans ma tête en me disant que ceci est une journée décisive. Nous devrons absolument passer de l'autre côté. Mehru très calme me dit qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter, que nous allons attendre la prochaine explosion qui devrait avoir lieu vers 11h du matin et que nous déciderons ensuite selon la situation. Deux options s'offrent à nous: attendre que la route soit dégagée d'ici la fin de la journée au plus tard ou prendre un sentier d'environ 1 ou 2 h de marche au-dessus avec seulement notre sac à dos de jour et prendre un taxi de l'autre côté mais sans nos baggages qui resteraient avec Vicky le temps que la route soit ouverte. Cette seconde option n'est certe pas celle privilégiée par Mehru.
Nous en sommes à notre 3e tentative pour traverser et la situation n'évolue pas beaucoup, sauf que maintenant il y a un véhicule de chaque côté qui creuse le bloc de roches. Cette fois nous allons plus proche de l'action et assistons aux 1eres loges à la prochaine explosion. Ils y ont mis le paquet! On a droit à 2 dynamitages suivis d'un énorme nuage de poussière et des applaudissements de chaque côté du rocher.
Il va nous falloir attendre jusqu'à la tombée du jour et jusque là nous assistons impuissants au spectacle qui se déroule à seulement quelques mètres de nous. À chaque fois qu'un morceau du rocher se détache et déboule jusqu'en bas au niveau de la rivière, nous explosons tous de joie et les applaudissements fusent des 2 côtés. Je deviens comme hypnotisée par ce spectacle qui me tient en haleine et je frémis de peur à quelques reprises en voyant ces ouvriers mettre leur vie en danger pour dégager cette route.
Mon plus gros défi de la journée aura été de trouver un endroit pour aller aux toilettes. Alors qu'il n'y a qu'une route, de la poussière, des cailloux et des gens partout, pas facile de trouver un endroit caché. Heureusement que les hommes d'ici sont respectueux et s'éloignent ou se tournent pour me laisser dans mon semblant d'intimité car à moins de marcher une bonne distance, il n'y pas d'endroit vraiment privé.
Finalement la route aura été bloquée 55 h et nous 31 h. J'appréhendais le cahot mais la circulation s'est faite dans un seul sens : le notre d'abord car nous avions le pouvoir de notre côté: quelques hommes politiques importants. Une fois passé l'endroit de l'éboulement, Vicky a mis les bouchés double et il a roulé à vive allure, comme s'il cherchait à rattraper le temps perdu. Il fonçait sur cette route toujours cahoteuse et sinueuse sauf par endroits ou on avait le luxe d'avoir 2 voies!
On a longé la rivière Sangla pendant 18 kms avant d'arriver au village de Sangla et à notre hôtel vers 22h. Nous avons soupé là car en route tout était fermé. L'hôtel n'était pas terrible et douteux au niveau de la propreté, sans compter que nous n'avons pas eu d'eau le lendemain matin et la chasse d'eau de mes toilettes était brisée. Mais j'ai quand même eu droit à un sceau d'eau chaude pour me laver!
Étant donné que le temps nous manque, nous n'avons rien vu de Sangla ni du village de Kamru qu'on aperçoit au loin sur le haut d'une montagne, et encore moins du village de Chitkul au bout de la vallée de Sangla qui à 3460m d'altitude est parait-il très beau.
On décide donc de se rendre directement à Shimla en partant à 8h. La prochaine fois que j'organise ce circuit je prévoierai une journée supplémentaire pour couper la journée en deux, visiter le temple de Bhimakali et arriver en mi-journée à Shimla. Il nous faudra 8h de route pour rejoindre Shimla et presque 1 h à tourner en rond avant de trouver un endroit pour stationner et se rendre à pieds en utilisant un ascenseur pour monter jusqu'au coeur de la vieille ville.
En route pour Nako, Mehru nous propose de faire
un petit détour proche de la frontière tibétaine pour aller voir la momie du lama Tuku Sangha Tanzin qui serait mort il y a 545 ans et est exposée dans un sanctuaire du village de Giu, qui n'est
même pas sur la carte d'Himachal Pradesh car il n'y a que très peu de temps que cet endroit est ouvert aux touristes indiens et étrangers.
C'est un enfant et ses 2 jeunes cousins qui
montent dans la van et nous accompagnent jusqu'au sanctuaire pour nous ouvrir la porte. Cela fait vraiment bizarre de voir cette momie si bien conservée dans cette vitrine de verre qui n'est même
pas complètement fermée. Le moine momifié a gardé ses dents et a encore des cheveux. Certains disent qu'ils poussent encore ainsi que ses ongles... Il est recroquevillé et je me demande s'il est
mort en méditant ou de froid.
Après cette étrange visite et de retour sur la route principale, nous devons nous arrêter à Sumdo pour un autre contrôle des passeports, une formalité qui n'en finit pas car l'employé recopie toute l'information de nos 7 passeports. Vive la bureaucratie indienne!
Nous mangeons un chowmein et des momos au mouton
pour les carnivores au Tashi Hotel, un dhaba du village de Chango qui se situe à une altitude de 3658m. C'est ici que nous faisons un autre petit détour pour aller rendre visite à Saroj,
l'amie de Koshalia (soeur de mon mari et de Mehru) qui a épousé un homme de cette partie reculée du Kinnaur. Nous sommes reçus en grand: thé, pommes du verger, abricots séchés, thé au beurre
salé, satu (farine d'orge grillée), tous des produits et spécialités locales. Et pour finir, Saroj nous remet à chacun une écharpe blanche autour du cou. L'hospitalité est remarquable dans toute
la région himalayenne de l'Inde. Les gens même s'ils ne sont pas riches feront tout leur possible pour recevoir. J'en ai fait l'expérience à plusieurs reprises.
On a pris ensuite un raccourci sur un chemin tout cabossé et la van bougeait dans tous les sens pour enfin rejoindre la route principale qui monte jusqu'à Nako (2950m). Même si on longe le précipice presque tout le long, la route est relativement en bon état.
On arrive en fin d'après-midi à Nako, village avec un petit lac sacré que nous décidons d'aller visiter avant la tombée du jour. Mais le plan tombe à l'eau quand Maité nous fait une frayeur à tous. Elle a un malaise sur le chemin et nous sommes tous là ainsi qu'un grand nombre de villageois à accourir. Après du repos, cela semble aller mieux. Mehru est allé chercher le médecin ayurvédique du village voisin qui lui prend sa tension et lui prescrit une poudre à prendre après les 5 prochains repas.
Le restaurant du Shivalik Hotel qui est
maintenant complet alors que nous occupons ses 4 chambres est lui aussi bien occupé. Par contre leurs momos ne sont pas aussi bons que ceux de la veille à Tabo. Nous faisons la rencontre
très intéressante de 3 jeunes Canadiennes qui voyagent en vélo dont 2 d'entre elles depuis 10 mois. Elles parcourent la route de la soie et ont déjà traversé 10 pays! Voici leur page web:
http://www.cyclingsilk.com/
Le lendemain matin debout à 6h, je decide d'aller visiter le lac au lever du jour équipée de ma tuque, mes gants, ma polaire et doudoune car il fait froid quand le soleil n'est pas
là.
Je fais un tour dans le village et rencontre un homme en train de tondre un mouton.
Dans la région de Kinnaur, ce qui distingue les gens c'est leur chapeau avec une bordure verte. C'est la 1ère region ou je vois les hommes et les femmes porter indifférement le même chapeau. Est-ce un signe d'égalite des sexes? Dans cette région, il n'y a pas si longtemps, les femmes pouvaient avoir plusieurs maris. En général, elles épousaient tous les frères de la même famille, enfin c'est ce qu'on m'a raconté. Ici les gens ont moins le type tibétain, par contre ils ont la peau assez basanée. Et les enfants sont si beaux comme ce petit garçon dont j'arrive à saisir le doux regard à travers mon objectif.
Pour notre dernière soirée à Kaza nous
n’avons toujours pas d’électricité. Le lendemain matin, nous reprenons la route direction le monastère de Dhankar en longeant toujours la rivière Spiti. Cette fois, les montagnes prennent une
forme différente, très découpées avec des formes de cheminée.
Le Dhankar gompa est lui aussi en haut d’une montagne mais il est plus petit, moins impressionnant et surtout en plus mauvais état que celui de Ki. Je remarque de nombreuses fissures dans les murs.
On monte à travers des marches sombres et
nous visitons plusieurs petites salles avec de vieux thangkas mais pas de manuscrits comme à Ki. La salle que je trouve très intéressante c’est celle de méditation très sombre et dénudée mais je
m’imagine très bien méditant ici car ce lieu est tellement tranquille qu'il porte vraiment à l’intériorisation. Là non plus nous ne pouvons prendre aucune photo de l’intérieur, alors on se
rattrape en photographiant à partir du toit.
En arrivant à Tabo, en attendant que Mehru
vérifie que les chambres sont prêtes, nous nous précipitons tous dans les 2 magasins de souvenirs qui sont ouverts et vendent toutes sortes d’objets de tradition tibétaine/bouddhiste.
Nous allons dormir dans la guesthouse du
monastère rustique mais très sympa, tenue par des moines. Avec Louise et Bernadette nous avons droit aux 2 chambres en suite avec eau chaude qui coule au compte-goutte et une toilette format
école maternelle! Là encore nous rencontrons des problèmes d’approvisionnement en électricité mais j’arrive quand même à remplir un sceau d’eau chaude pour me laver. Par contre il faudra attendre
encore pour me laver les cheveux.
Comme on peut le voir, les préoccupations
durant le voyage sont assez primaires : avoir de l’électricité, de l’eau (chaude de préférence), internet et des boutiques pour faire des achats…
Après un bon repas (légumes, dhal, riz et chapatis) dans un dhaba proche du monastère et s’être installés dans nos chambres respectives, nous visitons le gompa de Tabo, le plus beau site de la région de Spiti car très bien conservé avec de magnifiques peintures murales et des statues bouddhistes toutes très colorées.
La salle des mandalas m’impressionne beaucoup même s’il s’agit de ma 2e visite à Tabo. En fait, il s’agit d’un ensemble de genres de caveaux fait de terre dans lesquels il n’y a
aucune lumière autre que celle qui pénètre par la porte. Il faut donc quelques instants pour s’habituer à cette semi-pénombre et alors on découvre des décorations murales d’une très grande
richesse avec de nombreux détails. C’est magnifique.
Le lendemain matin nous assistons à la puja de 6h30 dans le nouveau monastère. Les moines arrivent avec leur tasse vide, saluent plusieurs fois avant de s’installer par terre en rangée derrière un genre de long pupitre. Les prières commencent. J’aime cette atmosphère et je me sens vraiment bien, paisible face au portrait du Dalaï Lama que l’on retrouve partout dans cette région. Je prie et médite avec les moines. Nous avons tous droit à une tasse de thé et sans aucun signal précurseur, tous les moines jeunes et moins jeunes se précipitent vers la sortie au bout d’environ 1 h de prière. C’est la fin de la puja et l'heure du petit dejeuner...
Il a fait encore plus froid pour notre dernière nuit de camping: les tentes étaient couvertes de givre ainsi que les sacs dehors et l'eau dans les bouteilles en plastique gelée. Mais
heureusement qu'une fois que le soleil apparaît il nous réchauffe. Mehru est arrivé avec la van vers 9h30. Avec le chauffeur Vicky, ils sont partis de Manali au cours de la nuit car la route pour
le col Rothang a été bloquée 2 jours plus tôt.
On s'arrête au village de Losar pour une vérification des passeports, un contrôle de routine pour tous les visiteurs étrangers qui doivent être enregistrés au poste de police mais qui dure une
bonne demi-heure. Pendant ce temps nous mangeons un riz et dhaal (le plat indien de base dans une grande partie de l'Inde) dans une modeste guesthouse du village.
Nous arrivons à Kaza vers 15h et l'hotel Spiti Valley ou nous allons passer 2 nuits est tout neuf. Il est situé juste à côté d'un nouveau monastère inauguré par le Dalai Lama le 9 juillet 2009.
On s'est tous précipité pour prendre une douche,
se laver les cheveux, faire une mini lessive. Il faut saisir sa chance quand elle passe car parfois c'est pour une trés courte durée et cette fois j'ai eu la très bonne idée de me doucher
dès notre arrivée. En effet, l'électricité fait défaut depuis le début de la soirée.
Dans la soirée on se retrouve dans Kaza pour magasiner dans l'unique rue achalandée du village et pour certains dans l'unique café internet ouvert qui fonctionne grâce à une génératrice. Kaza est une petite bourgade assez tranquille durant cette période hors saison de l'année mais sans charme.
Le lendemain nous visitons deux endroits
superbes: tout d'abord le célèbre monastère de Ki datant du 16e siècle et qui est perché sur une montagne.
Nous visitons un 1er hall de construction
récente inauguré par le Dalai Lama en 2000 avec 1000 statues de bouddhas sagement alignées derrière de grandes armoires vitrées jusqu'au plafond. Puis, nous pénétrons dans une salle construite en
1975 pour héberger le dalai lama. Nous voyons ensuite les salles les plus anciennes du monastère avec de très vieux Tangkas. Mais il nous est interdit de prendre des photos.
La vue du toit est très belle. On y retrouve des moulins ornés de têtes de mort qui semble être une tradition tibétaine.
Avant de partir, nous avons droit à une tasse de thé servie par un moine dans la cuisine du monastère.
Notre 2e visite de la journée c'est à Kibber, magnifique village plein de vie situé à 4205m d'altitude. C'est un vrai plaisir que de se balader dans ses ruelles et d'y observer la vie
quotidienne.
Pour ma part, je cherche la poste et finie par
me retrouver dans la maison d'un particulier (le postier) qui me vend les timbres chez lui. Je lui confie mes cartes postales. Alors si jamais Diane, Ashu et maman vous ne recevez pas ma carte,
voici la preuve que je l'ai bien envoyée!
J'ai adoré ce village et j'y serais bien restée plus longtemps juste pour regarder encore un peu plus comment les gens vivent, comme ceux qui bâtaient l'orge à l'aide d'un tracteur qui tourne en rond; l'attroupement de gens qui allaient faire faire leur pièce d'identité avec photo maintenant obligatoire ou encore admirer tous ces animaux dont de nombreux ânes débouler dans les ruelles. Nous avons mangé là avant de regagner Kaza avec la van.
J'ai ajouté des photos du trek (de la dernière partie)...
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