Mardi 2 décembre 2008

27 juin 2006

 

Ce n’est certes pas le paysage le plus marquant du trajet. Nous longeons la rivière Tsarap qui a presque la même couleur beige que la roche. Avec un ciel gris et un sentier poussiéreux qui n’arrangent rien, il s’agit d’une journée un peu terne. Nous ne traversons même pas de village. Heureusement, quelques rencontres insolites vont égailler le parcours : deux femmes qui m’impressionnent avec un chargement d’herbes sèches monumental sur le dos; une autre femme dans son champ qui m’offre une fleur d’aubépine pour mettre comme elle dans les cheveux; un yak qui me fait sursauter au détour du chemin; et enfin une femme et son enfant. Toutes ces rencontres font chaud au cœur car on peut lire la gentillesse et la chaleur humaine dans cet immense sourire qui nous est toujours offert. Je ne peux que répondre par un sourire et les saluer d’un  «Jullay » qui veut dire « bonjour » au Zanskar, le seul mot que je connaisse.

 

 

Après seulement 4h30 de marche, nous voici arrivés à notre pire campement du trek : Pipula. J’ai essayé de discuter pour changer de campement mais j’ai du me ranger au choix des Horses Men qui clamaient que c’était le meilleur endroit pour les chevaux afin qu’ils trouvent de l’herbe à brouter. Je crois que c’est plutôt parce qu’il y a ici un genre de Tea House ou ils vont pouvoir passer la nuit et boire. Il ne me reste plus qu’à essayer de trouver un emplacement avec le moins de cailloux possible et surtout pas à côté de la merde de cheval. Mais l’odeur d’urine est omniprésente et les mouches foisonnent. 

 

 

Aussi surprenant que cela puisse paraître, j’ai réussi à passer une assez bonne nuit jusqu’à ce que je fasse le saut dans mon sac de couchage, réveillée par le cri infernal d’un âne juste à côté de ma tente. Je n’avais jamais rien entendu de tel car ce n’est pas tous les jours qu’on a le plaisir d’entendre un âne braire! Rien de tel qu’un bon petit-déjeuner pour faire oublier tous ces désagréments. Je m’empiffre de chapatis, beurre d’arachide, fromage et confiture et me voilà prête pour la prochaine étape.

par Globetrotteuse publié dans : Trekking
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Vendredi 28 novembre 2008

26 juin 2006

 

Aujourd'hui c'est une journée de repos pour les guides et les Horse Men avec une 2e nuit de prévue à Purne. Je pars donc seule après avoir écouté les instructions de mon guide pour me rendre au monastère de Phuktal. Il s’agit d’une marche d’environ 2 heures sur un sentier rocailleux et poussiéreux et un décor quasi désertique qui me rappelle l’Arizona, les cactus en moins. En partant à 7h30, j’évite ainsi la grosse chaleur et peux marcher à l’ombre. Arrivée au fond d’une gorge, je traverse un pont et après une ascension d’environ 10 minutes, j’aperçois le magnifique gompa de Phuktal qui semble suspendu dans la montagne ou plutôt accroché au rocher. Il s’agit d’un ensemble de bâtiments blancs sur plusieurs étages qui semblent imbriqués les uns dans les autres. En fait, le monastère est très vieux, fondé au début du 12e siècle. Il est majestueux et impressionnant. Je n’en reviens pas que des hommes aient pu construire un monastère dans ce lieu reculé. 

 

 

 Je ne me lasse pas de me faufiler d’un tunnel à un autre, de grimper des escaliers pour me retrouver sur de minuscules terrasses qui forment en fait le toit de la bâtisse d’en-dessous. J’arpente tous les coins et recoins de ce monastère avec une joie et un plaisir d’enfant. Une quarantaine de moines vivent ici mais je ne rencontre qu’une femme âgée au visage buriné et quelques vieux moines. L'un d'eux me fait visiter le hall de prières ainsi que la bibliothèque. Cela sent le moisi et la lumière ne pénètre que par quelques petites ouvertures. Les photos du Dalaï Lama sont nombreuses et l’ambiance est vraiment au recueillement. 

   

C’est seulement au bout de 3 heures que je me décide à quitter cet endroit magique, après un moment de contemplation et de réflexion sur comment les moines ont pu faire pour vivre ici depuis des centaines d’années. 

 

 

 

De retour au campement, j’en profite pour faire ma lessive, relaxer et me régaler avec les momos aux légumes et fromage préparés par le Horse Man de notre compagnon Néo-Zélandais. Lui, il ne file pas bien du tout. Il a eu la fâcheuse idée de boire l’eau du ruisseau car elle lui semblait pure mais voilà, le voici maintenant souffrant de problèmes intestinaux…

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Mercredi 19 novembre 2008

25 juin 2006

Bien qu’au terme de cette journée nous ne serons plus qu’à 3400 m d’altitude, cela ne veut pas dire qu’on se contente de marcher sur du plat car le sentier monte et descend tout le temps, en longeant parfois un ravin. Avec un trajet de 6h30, ce sera une de mes plus longues journées. Je suis partie toute seule en avant pour marcher à mon rythme, c’est-à-dire d’un pas tranquille. J’aime me retrouver parfois seule car ainsi je profite plus de tout ce qui m’entoure. Je m’arrête de temps en temps, juste pour observer le paysage, pour prendre une photo ou un peu de repos.  Au bout de 2 heures, j’arrive à côté d’un pont et c’est là qu’Ashu et le horse man me rejoignent bientôt. Nous traversons l’un de ces nombreux ponts suspendus et nous nous retrouvons à longer la rivière sur l’autre rive durant un bon moment.  Je constate que la chaleur augmente progressivement chaque jour et c’est la première fois que j’ai vraiment chaud en marchant. Par contre, jusqu’ici les nuits ont été assez fraîches. Il a même gelé plusieurs fois.

 

Pour la première fois, les montagnes ont pris une couleur presque noire et elles ont une forme de dentelle. Dans les villages que nous traversons,  ce n’est pas de la dentelle mais bien du tissage que je peux observer. Une femme est à l’ouvrage sur son métier à tisser, devant sa maison. Toutes les maisons que je vois sont toujours d’une blancheur impeccable et des drapeaux de prières flottent sur leur toit.

 

À 14h30, j’arrive à Purne et je suis agréablement surprise car j’ai presque l’impression de me retrouver dans un vrai camping. Il y a de l'herbe verte (ce que devient maintenant presque introuvable). Le terrain est plat avec plusieurs niveaux et quelques arbres un peu chétifs mais qui font un semblant d’ombre. Il y a même une toilette en bois avec une porte mais juste un trou dans le plancher. Il s’agit d’une grande amélioration par rapport à l’absence totale de toilettes des campements précédents. Et pour couronner le tout, il y a une cabine pour prendre sa douche, ou plutôt pour mettre sa bassine d’eau chaude commandée au propriétaire. C’est un vrai délice que de s’asperger d’eau chaude, pas trop quand même, pour ne pas vider la bassine trop vite car je veux en avoir assez pour me laver les cheveux sans grelotter.

 

C’est comme un jour de fête et je me réjouis de profiter de ce magnifique camping, le seul que je nommerai ainsi de tout le trek, surtout que je suis la seule à l’apprécier avec les horse men et les guides. Les Espagnols et le Néo-Zélandais ont préféré choisir l’option chambre d’hôtel aussi offerte : un mince matelas dans une petite chambre très sommaire et que j’ai trouvée beaucoup moins accueillante que mon sac de couchage dans la tente dans ce très bel endroit.
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Mercredi 12 novembre 2008

24 juin 2006

Je marche avec une très belle vue sur le Mont Gumbarajon, ce rocher qui se distingue par sa forme singulière et pointue. Je me retourne souvent pour l’admirer car c’est derrière moi qu’il se trouve pendant une partie de ma randonnée.  Je peux adopter un bon rythme de marche car il n’y a pas de montée spectaculaire aujourd’hui mais plutôt un terrain relativement plat. En fait, on descend légèrement. Je bute de temps en temps dans toute cette roche, comme si ces cailloux qui sont mes éternels compagnons de voyage depuis le début du trek, voulaient me rappeler à l’ordre et me dire qu’à aucun moment je ne devrais relâcher mon attention.  


Le paysage change progressivement et les montagnes prennent des teintes plus chaleureuses avec des nuances de rouge et d’oranger, qui me rappellent un peu le Grand Canyon. Je suis très heureuse de ne pas avoir à faire de grimpette aujourd’hui. Je ne cherche pas à battre mes records tous les jours!

  

D’ailleurs je vis assez d’émotions avec toute la beauté naturelle qui m’entoure. Et il ne faut pas grand-chose pour faire monter l’excitation quand on est entouré de montagnes depuis 5 jours. Aussi, lorsque j’aperçois au loin un point blanc qui s’avère être un chorten recouvert de chaux blanche, les battements de mon cœur s’accélèrent car cela annonce la proximité du village, le premier village de style tibétain depuis que nous nous sommes aventurés dans cette région du Zanskar. Quelle joie de renouer avec la civilisation et avec une horde de bambins à la frimousse sale qui courent à notre rencontre en nous criant <bonbons, bonbons>! Nous sommes à Kargyak, un village typique du Zanskar, avec ses maisons blanches au toit plat recouvert de branches et de paille. Il y a des murets de pierre qui entourent les maisons et servent aussi de chemin. Des bouses de yaks sèchent sur les toitures. C’est le carburant utilisé dans cette région. Quelques panneaux solaires sont aussi installés sur les toits pour permettre une certaine autonomie énergétique dans ce coin reculé, qui reste coupé du monde pendant les mois d’hiver.


Je fais partie des premiers visiteurs de la saison. Cela se sent à l’accueil qui nous est réservé. Tous les habitants du village ont l’air d’être d’origine tibétaine.  La journée bien que facile a été relativement longue, environ 12 kms de marche que j’ai couvert en 5 h 30. Ce village de Kargyak est d’autant plus spécial que c’est le lieu natal des moines bouddhistes qui nous ont accompagnés depuis le début du trek, et c’est ici avec leur famille qu’ils vont rester pour le restant de l’été. C’est aussi de là que Tanzin, notre horse man vient. Je me sens privilégiée et chanceuse de pénétrer dans leur demeure car je suis invitée à boire le thé dans les deux familles. Je peux alors observer les maisons de l’intérieur. On est tous assis sur des coussins poussiéreux autour du poêle qui est alimenté par les bouses de yak.  C’est la pièce principale, très simple mais je suis impressionnée par toute la vaisselle soigneusement rangée sur des étagères de bois en face de moi. Tout est en ordre : une rangée de verres, une rangée de bols, une rangée de chaudrons en cuivre bien astiqués et une autre avec tous les autres chaudrons et thermos. Je ne peux malheureusement communiquer avec personne car ils ne parlent que leur langue locale. J’ai droit à la tasse de chaï habituelle mais aussi au chaï salé au beurre de yak, préparé dans un long contenant en bois serti de cuivre qui est brassé pendant un bon moment. J’ai fait la connaissance de la femme de Tanzin et de son fils âgé d’environ un an.


Ma journée a été vraiment intéressante et enrichissante. Je n’ai pas eu trop d’efforts à faire et j’ai passé de très bons moments dans ce village à observer la vie quotidienne. C’est comme si le temps s’était arrêté et m’avait fait oublié la longue randonnée que j’ai entreprise. C’est un agréable interlude dans ma routine de trekking.

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Jeudi 30 octobre 2008

23 juin 2006

J’ai très mal dormi, peut-être à cause de l’altitude ou de la fatigue car j’avais les jambes douloureuses en me couchant mais je suis debout vers 5h30 et prête pour une journée excitante et mon premier col à franchir le Shingo La Pass
à une altitude de 5100 m. Le trajet est magnifique mais rendu parfois difficile, en raison du sentier enneigé. On ne sait pas trop ou on met les pieds. Est-ce que cela peut glisser? Je ne sais pas. Donc c’est avec prudence que j’avance. Le blanc domine partout autour de nous. Je marche tranquillement pour reprendre mon souffle avec un léger mal de tête qui vient m’agacer de temps à autre mais pas assez pour m’empêcher d’apprécier le spectacle autour de moi : un mini lac en train de fondre, un glacier et beaucoup de neige.

 


Au col de Shingola, je m’assoie quelques instants à côté des centaines de drapeaux de prières tibétains accrochés après un mur de pierre et je contemple le paysage. Je suis heureuse d’être là. C’est tout de même un exploit pour moi que de me retrouver à une telle altitude et de parcourir toute cette distance à travers ces montagnes de l’Himalaya. Jamais je ne pensais un jour faire cette longue randonnée toute seule avec pour compagnons un guide et un horse man, ce dernier ne marchant généralement pas avec nous car il suit le rythme des chevaux et arrive toujours bien avant au camp. Je me dis que maintenant après toute la distance que je viens de parcourir, si jamais il m’arrivait quelque chose, il serait difficile de faire demi-tour ou de venir me chercher. Mais je chasse très vite cette idée de mon esprit car j’ai confiance que tout va bien se passer. Après tout, si je me retrouve ici à faire ce trek non planifié, c’est que je dois être à ma place, au bon endroit et au bon moment.

 


Pour descendre, on peut se laisser glisser sur la neige sur une bonne distance. Après un dénivelé de 700 mètres, on finit par rejoindre la rivière. Les montagnes ont changé de couleur avec plusieurs teintes allant du gris au marron. Par contre, la végétation se fait moins abondante.

 


Après 6h20 de marche, je suis bien contente d’arriver à notre campement de Lakong, fatiguée mais pas vidée. On campe dans une large vallée pleine de cailloux mais avec suffisamment d’herbe pour planter nos tentes. Je décide de me laver les cheveux dans le ruisseau glacial qui coule à côté de nos tentes alors que le soleil est assez haut pour me réchauffer. Pour moi, c’est une journée marquante dans ce trek car j’ai le sentiment d’avoir accompli quelque chose, de m’être dépassée. C’est aussi la section la plus élevée en altitude du trek.
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Vendredi 24 octobre 2008

22 juin 2006

Cela se corse en cette troisième journée. Jusque là c’était de la rigolade ou plutôt juste un réchauffement. Tout d’abord, je traverse un petit pont suspendu et c’est à partir de ce point que l’ascension commence. Cela va grimper ainsi pendant les 5 heures de marche qu’il me faudra pour me rendre jusqu’au campement de Chumik Nakpo, à déjà 4500 mètres d’altitude. Une partie du sentier demande toute ma concentration car large d’à peine 20 centimètres et à flanc de montagne. Un coup d’œil vers le bas me rappelle que je ne dois absolument pas faire de faux pas et glisser car je ne sais pas jusqu’ou je déboulerais. Je suis impressionnée et préfère me concentrer sur chaque pas et le sentier en avant de moi. Je suis surprise que les chevaux arrivent à passer par là tellement c’est étroit, mais bon, ils ont l’habitude et ne se posent pas toutes ces questions comme moi. C’est un sentier plein de petites roches et qui monte de façon régulière.

 

Le paysage est de plus en plus beau. Il n’y a aucun arbre à cette altitude, juste les montagnes grises et la neige sur les cimes. Au sol, un peu d’herbe pousse encore. C’est un paysage aride et presque lunaire, saisissant avec le bleu du ciel en fond de toile.

Je prends mon temps car je sens que j’ai un peu de difficulté à reprendre mon souffle et que je manque d’énergie. Par contre les moines bouddhistes qui font le trajet avec nous et qui ont la soixantaine avancée ont l’air en pleine forme et infatigables. Ils me dépassent à mi-chemin et m’accueillent au camp avec leur sourire et un excellent gruau version Zanskar, soit un mélange de chaï sucré, de fromage de yak et de tsampa (farine grillée),  rien de mieux que cette bouillie très énergisante pour me remettre en forme.


Je n’ai pas rencontré un seul trekkeur en chemin et nous sommes encore les seuls au campement avec les Espagnols et le Néo-Zélandais, ce qui n’est pas pour me déplaire car cela me donne l’illusion que la montagne est juste pour moi. Je me sens privilégiée de marcher dans ce sentier dans une contrée si reculée. Nous n’avons même pas traversé un seul village de la journée.

 

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Mercredi 15 octobre 2008

21/06/2006

Montagne grise avec sommet enneigé sur fond de ciel bleu, c’est le magnifique spectacle que je vois en me levant et en prenant un copieux petit-déjeuner avant de me mettre en route vers 9h30 pour une autre courte randonnée de seulement 3h15. Comme la veille, on emprunte la route en construction mais elle se transforme bientôt en un chemin de cailloux et de roches. On continue à longer la rivière que l’on traverse à une reprise. Le chemin monte très légèrement mais c’est encore une partie très facile du trek. Je me dis qu’on aurait bien pu combiner la journée d’hier et celle-ci en une seule, mais d’un autre côté, je ne suis pas pressée et cela me laisse plus de temps pour récupérer, pour me laver et faire ma lessive dans le ruisseau glacial qui coule à côté de notre campement. J’arrive mieux à me motiver pour me laver alors que les rayons du soleil peuvent encore me réchauffer.

 

J’ai fait une belle rencontre en chemin : un groupe de moines bouddhistes avec leurs drôles de chapeaux oranges pointus sur la tête en train de pique-niquer. Ils m’ont invité à partager un peu de leur repas et je me suis régalée avec du fromage de yak (genre de fromage en grain) et un morceau de pain. Au camp, un autre moine nous a rejoint et est resté souper avec nous. Le campement de Zanskar Sumdo est situé dans une section large de la vallée. Il y a un peu de verdure et des roches un peu partout autour de nous. Pour l’instant, il n’y a que le couple d’Espagnols, un Néo-zélandais et moi qui faisons le trek, tous avec nos propres guides et horse men. Nous ne marchons pas ensemble mais nous nous retrouvons au campement. Mais ce soir nous sommes rejoints par un français qui marche en solitaire depuis Dharamsala.

 

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Mardi 14 octobre 2008

21/06/2006

C’est parti pour la grande randonnée qui va me mener en 22 jours jusqu’à Lamayuru au Ladakh. Pour la première journée, le trajet de 2h45 sur un sentier caillouteux, large et relativement plat est facile. En fait, on marche sur une route en construction. C’est parfait pour moi car on commence progressivement et je sais que plusieurs cols m’attendent dans quelques jours. Alors je peux profiter de cette randonnée en marchant très relax et en admirant les montagnes enneigées qui m’entourent. Nous traversons 2 villages et longeons la rivière tout le long pour arriver dans l’après-midi à
 Palamo, notre premier camping : un terrain plat  à côté d’un ruisseau avec une Tea House, genre de tente basse tenue par des Népalais charmants. J’ai même eu droit à un seau d’eau chaude pour me laver. Le matin, c’est pas chaud. Il y a même du givre sur la tente.


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Mardi 7 octobre 2008

Jour J – 2 : Manali  - Darcha en jeep 18/06/2006


Il est 10h45 et me voilà fin prête. J’attends sur le perron de ma chambre de la Rising Moon Guesthouse, ou je viens de passer les 4 dernières nuits, que la jeep vienne me chercher pour le grand départ. Il fait enfin soleil ce matin après la pluie des derniers jours. J’ai apprécié ma douche chaude de ce matin, en prenant conscience que c’était la dernière avant un bon moment. Je me sens un peu nerveuse à l’idée de ce trekking car je ne sais pas vraiment dans quoi je m’embarque. C’est ma première expérience de la sorte. En même temps je suis très excitée de partir ainsi à pieds à la découverte de l’Himalaya.


Le départ ne se fait qu’à 12h30, le temps de tout embarquer dans la jeep et surtout d’attacher le matériel sur le toit. Dans la voiture, en plus du guide Ashu, il a un moine bouddhiste ainsi qu’un étudiant qui nous accompagnent. Tous deux originaires du Zanskar, ils vont faire un bout de chemin avec nous jusqu’au village de Kargyak, ou ils vont retrouver leur famille. Je me réjouis d’être ainsi entourée de gens du pays. Cela devrait rendre la randonnée encore plus intéressante.


La route est complètement congestionnée dans les deux sens jusqu’au col de Rohtang à cause des touristes indiens qui viennent pour découvrir la neige et peut-être aussi chausser des skis pour les plus téméraires. D’ailleurs le long de la route se sont des dizaines de baraques en bois qui se succèdent avec toute une panoplie de manteaux d’hiver en location, tous plus affreux les uns que les autres. Puis, petit à petit je me retrouve en face d’un paysage de montagnes sublimes, surtout après le col et je commence à découvrir des sommets enneigés. Par contre, la route est dans un état pitoyable : chemin de terre, de boue, de pierres avec parfois des cours d’eau à traverser.


C’est à 20h30 seulement que nous arrivons à Darcha, tout petit village en bordure de route. Nous soupons et dormons dans le magasin général du coin, qui fait aussi restaurant, et hôtel. Il s’agit plutôt d’une chambre-dortoir avec des matelas les uns à côté des autres. Malgré la fatigue des 8 heures de trajet, je ne réussis pas à passer une bonne nuit à cause des ronflements des autres dormeurs. Je décide donc pour ma 2e nuit de dormir dans la tente. Aussi bien m’habituer au camping tout de suite, surtout qu’il y a aussi un couple d’Espagnols qui campent là en attendant que leur horse-man retrouve ses chevaux partis brouter de verts pâturages.

Jour J – 1 :  Darcha – Journée d’acclimatation 19/06/2006

 


J’ai bien vite fait le tour de Darcha, minuscule village situé tout de même à 3500 m d’altitude et qui sert de point de chute pour les camionneurs en partance ou en provenance de Leh. Il n’y a que quelques resthouses sans charme avec des chambres-dortoir mais pas de toilettes. Les montagnes alentours sont superbes et je suis bien contente de ne faire qu’une courte randonnée dans les environs car je peux apprécier l’endroit ou je me trouve, m’acclimater à l’altitude et penser à l’aventure qui m’attend. Je ne suis pas pressée et n’ai pas envie de faire ce trekking à la course. Je fais la connaissance de notre horse-man qui n’a retrouvé que 2 de ses 3 chevaux. Mais cela ne nous empêchera pas de partir quand même demain.

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Vendredi 14 décembre 2007
Dernière journée à Anjuna beach
Nous avons quitté Anjuna Beach avec regret mardi 11 décembre pour nous rapprocher de la gare d'ou partait notre train pour Delhi. On a donc pris 3 bus locaux différents mais pour un trajet très court jusqu'à la ville de Madgaon. Après avoir marché un peu, nous avons fini par trouver un super hôtel pour 630R, notre plus cher jusqu'ici mais cela valait la peine car tout était neuf. On avait 2 draps au lieu d'1 dans tous les autres, 1 serviette de bain (pour 2), 1 belle salle de bain mais sans eau chaude (pas grave car il fait chaud dehors) et surtout la TV, super important pour Ashu qui en a été privé depuis le début de nos vacances. Je le laisse donc hypnotisé devant la TV à regarder une partie de cricket, pendant que je vais faire un tour pour découvrir la ville. La ville est sympa avec pas mal de palmiers, de la verdure et quelques beaux édifices de l'époque portugaise. Je me ballade dans un marché couvert avec plein de petites allées et je suis amusée par les stands ou ils vendent des décorations de Noël et même des santons pour la crèche. J'avais presque oublié que c'était bientôt Noël et qu'ici il y a une partie de la population qui est chrétienne. Je me laisse convaincre par une marchande qui me vend 3 bracelets pour la cheville alors que je n'en voulais qu'un! Et je découvre une pâtisserie très moderne avec de superbes gâteaux au chocolat. Plus tard, Ashu et moi allons à pieds jusqu'à la gare pour vérifier si Ashu a une couchette de confirmée sur le train. Oui, il en a une mais pas dans le même wagon que moi.

A bord du Rajdhani Express pour Delhi

Mercredi matin nous prenons donc le train pour Delhi dans le Rajdhani Express. Il s'agit d'un train plus cher car plus rapide et avec tous les repas inclus. Le train arrive à l'heure: 10h30, ce qui est de bonne augure pour le reste du trajet, d'autant plus que les passagers voisins semblent optimistes sur la rapidité et fiabilité de ce train. Ashu demande au contrôleur pour changer de place pour être proche de moi et pas de problèmes car le train est loin d'être complet. Je me demande comment cela se fait qu'il était sur une liste d'attente! Nos voisins, un couple d'un certain âge, dont le mari travaille pour les chemins de fer indiens mais à un poste surement important, sont très gentils. Le manager de la cuisine vient même le saluer et sera aux petits soins pour eux. Il ne semble pas vouloir avoir de traitement de faveur car il réplique en anglais: I am just a simple person. Mais ils seront bien choyés tout le long. Nos autres voisins comprennent un militaire qui traverse le pays au complet pour aller au Kashmir et aussi un ingénieur des chemins de fer. Les repas sont tout à fait corrects et copieux. 

plateau-repas dans le trainLe train roule à vive allure jusqu'à ce qu'on commence à entendre un bruit incongru et que cela secoue un peu plus dans le train. On va donc passer un bon moment arrêtés en pleine campagne. On repart tranquillement pour s'arrêter encore 1 bonne heure à la gare suivante et encore un autre arrêt à une gare plus importante. On nous donne plusieurs versions: un animal sur la voie a endommagé une roue et aussi le moteur. L'ingénieur nous dit que dès qu'il a entendu le bruit il a appelé pour faire vérifier le train. Il y a une myriade d'ouvriers qui s'affairent sous le train munis de simples marteaux. Il semble qu'une roue de notre wagon ait été endommagée et qu'ils aient aussi vérifié le moteur. Tout cela nous a occasionné un léger retard de 6h30 en tout, ce qui fait que je viens de battre un autre de mes records, celui du trajet le plus long en train, soit 32,5 heures pour parcourir 2094 kms!!!! Pas mal non? J'ai quand même trouvé cela un peu long et j'attendais avec impatience le prochain repas, notre seule distraction. J'ai bien essayé de faire des siestes mais au bout d'un moment c'est plus possible de dormir car on n'est pas fatigué, juste fatigué d'être assis! 

Arret force pour reparer le train

On retrouve Delhi après presque 2 mois et la température a beaucoup changé. Je suis surprise par la fraicheur et le brouillard qui nous accueillent. Je ne pensais pas que j'aurais à porter une veste dans cette ville que j'ai connue à plus de 40 degrés. J'ai même sorti mon sac de couchage -12 pour dormir plus confortablement. Bon c'est la fin des vacances. Je passe mes 3 dernières journées avec Ashu et nous n'avons malheureusement pas pu avoir d'information sur son visa car le Haut Commissariat du Canada est fermé au public le vendredi! Bonjour le service! Il ne me reste plus que quelques achats à faire. Je vais acheter des colliers fantaisie pour les revendre à Ottawa. Alors si il y en a qui sont intéressées, cela peut être un beau cadeau de Noël. Je pense les vendre 18$. Faites-moi signe à mon retour (mercredi au bureau). A la semaine prochaine.

par Globetrotteuse publié dans : Inde
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