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15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 08:50
L'après Camino

Comme 4 mois se sont écoulés depuis que j'ai terminé mon chemin de Compostelle, je ne pouvais pas ne pas parler de l'après Camino. Pour décrire mon expérience, je la décomposerai en 3 phases:

1. Le retour au quotidien et les habitudes à perdre

D'abord c'est la période ''zen'' et aussi un peu euphorique, ou plus rien ne me dérange et je me sens remplie d'une joie de vivre sans limite. Je fais plusieurs kms à pieds juste pour faire des courses ou pour le plaisir de marcher. Bien sur, il a fallu quand même me réadapter au quotidien et il y a eu quelques habitudes à perdre, dont voici le top 10:

  • Dire ''Bonjour'' et ''Buen Camino'' à tous les gens que je croise
  • Parler à tous les inconnus dans la rue
  • Sourire béatement à tout moment
  • Chercher des flèches jaunes ou des symboles de coquille St-Jacques quand je me promène en ville ou à la campagne
  • Chercher le menu du pèlerin quand je suis au restaurant
  • Faire des réserves de papier toilette à chaque fois que je visite les toilettes d'un restaurant ou d'un bar
  • Repérer dehors les meilleurs coins cachettes pour faire pipi
  • Dormir avec des bouchons
  • Lever le bras pour vérifier si je pue la transpiration
  • Sentir mes vêtements avant de décider si je les lave ou pas.

Passée cette étape qui ne dure pas très longtemps, le quotidien, les obligations familiales et professionnelles me rattrapent. C'est là que débute ma 2e phase, celle de déprime post-Camino.

2. La déprime post-Camino

Je trouve que tout va trop vite. Je n'ai plus le temps de voir le temps passer. À ce stade-ci, je remets tout en question.

Je me lève le matin et je réalise que je n'ai plus l'enthousiasme et la joie de vivre que j'avais sur le Chemin. Je me demande ce que je fou dans un bureau, assise derrière un ordinateur. Quelle est l'importance de ce que je fais? Je cherche une motivation.

Je me demande aussi pourquoi j'ai fait le Chemin de Compostelle. Qu'est-ce que cette longue marche m'a apporté?

Comme j'ai la chance de travailler pas loin de Diane, je peux en parler avec elle et je me sens comprise. J'ai aussi l'occasion de partager mon expérience en faisant quelques présentations et en rencontrant plusieurs pèlerins. Je revis et digère mon Chemin en complétant mon blog et en faisant le tri de mes photos.

3. Le chemin continue à vivre

J'aimerais partager les commentaires que j'ai reçus de certains qui ont fait Compostelle. Amis pèlerins, vous vous reconnaîtrez certainement.

une expérience unique, dont on revient ... mais lentement, et avec le secret espoir que ça recommence, autrement et ailleurs, mais que ça recommence.

Jean-Marc

J'ai dû attaper le virus du camino, je repars (...)

Jean-Claude

Que restera-t’il de ces 2 mois dans quelques mois ?
Une envie d’y retourner comme un éternel retour comme certains que j’ai rencontrés?
Une impression valeureuse presque chevaleresque d’avoir bravé vaillamment les épreuves et d’en raconter les aventures à un public conquis?
Une ascèse de la vie qui, tout en s’allégeant au fur et à mesure du chemin, n’en est pas moins épicurienne.?
Le voyage est un retour vers l'essentiel dit un proverbe tibétain
Pour ma part, je trouve que la normalité me reprend vite dans le sprint du quotidien.
Est- ce que 2 mois c'est différent de 3 semaines...?

Yves

Je crois que le temps décantera beaucoup et amalgamera les conversations anodines qui ne prendront de sens que mises bout-à-bout. Je compare votre marche à un long processus de décantation et de fomentation pour faire un bon vin. Plusieurs choses doivent se nettoyer pour pouvoir se construire de nouveau.

Alain

On entend souvent dire qu'on ne revient jamais complètement de Compostelle, qu'on en revient transformé, qu'on a toujours une envie de repartir, etc.

Une fois passée la déprime, je commence à réaliser les impacts du Camino dans ma vie. Les transformations sont parfois subtiles mais elles sont là. Il y a tout ce que cette expérience m'a apportée: peut-être un peu plus de sagesse, une plus grande connaissance de moi, de mes forces et de mes faiblesses, plus d'appréciation pour la vie, une plus grande foi, une plus grande conscience de l'harmonie et de la beauté qui se trouve dans toute chose, une conviction profonde que la solitude n'existe pas et que nous faisons partie d'un tout. La liste pourrait être beaucoup plus longue. En fait, elle continue à grandir.

Oui, j'ai réalisé que le Chemin ne se termine pas à Santiago. Il continue à vivre, même après. Maintenant, il s'agit de mettre en pratique au quotidien ce que j'ai appris. Contrairement à beaucoup, je n'ai pas pour l'instant l'envie de repartir sur l'un des nombreux Chemins de Compostelle. Cela viendra peut-être dans quelques mois ou quelques années. Je ne sais pas si c'est parce que j'ai marché suffisamment longtemps mais mon pèlerinage m'a tout à fait comblé. J'ai eu une phase de rodage en France durant laquelle j'ai du parfois faire face à des émotions surgies du passé. Ensuite, j'ai connu une période ou tout allait bien. Puis, j'ai du faire face à certains de mes démons. En Espagne, j'ai aussi connu une phase de libération et de pur bonheur. Finalement avec la phase bonus de Fisterra, j'ai connu la liberté totale.

Je n'arrêterai pas de marcher, car la randonnée fait partie de ma vie. Pour le moment ce sera ailleurs car j'ai encore tellement de coins du monde à découvrir.

Merci à vous toutes et tous qui avaient pris le temps de me lire.

Ultreïa! E sus eia!

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12 novembre 2014 3 12 /11 /novembre /2014 14:50
Km 0 ou plutôt km 1600: Cap Fisterra destination finale de notre pèlerinage

Jour 72 - Cee à Fisterra (16 km)

Que dire de cette journée, sinon que c'est l'aboutissement d'un rêve, une expérience extraordinaire que j'ai eu la chance de partager avec une amie qui s'appelle Diane.

Km 0 ou plutôt km 1600: Cap Fisterra destination finale de notre pèlerinage
Km 0 ou plutôt km 1600: Cap Fisterra destination finale de notre pèlerinage
Km 0 ou plutôt km 1600: Cap Fisterra destination finale de notre pèlerinage
Km 0 ou plutôt km 1600: Cap Fisterra destination finale de notre pèlerinage
Km 0 ou plutôt km 1600: Cap Fisterra destination finale de notre pèlerinage

Seulement 16 km à parcourir, sans se presser et une magnifique journée. Le sentier monte dans le bois. On est dans une nature riche en conifères, palmiers, eucalyptus et en verdure en général. Il y a de la mousse recouvre les pierres.

De San Roque, beau point de vue. On aperçoit la pointe de Fisterra au loin.

San Roque
San Roque

San Roque

Quelle joie quand on arrive sur la première plage complètement déserte. On prend le temps de faire des photos, ramasser des coquillages mais pas encore de Saint-Jacques. Quel plaisir de voir, de sentir et d'entendre l'océan.

Première plage
Première plage
Première plage
Première plage

Première plage

Le paysage n'est pas plat mais ondule. Il y a un mélange de rochers et de végétation. La fin approche et nous sommes seules.

Km 0 ou plutôt km 1600: Cap Fisterra destination finale de notre pèlerinage
Km 0 ou plutôt km 1600: Cap Fisterra destination finale de notre pèlerinage
Km 0 ou plutôt km 1600: Cap Fisterra destination finale de notre pèlerinage
Km 0 ou plutôt km 1600: Cap Fisterra destination finale de notre pèlerinage

Arrivée sur la grande plage d'A Langosteira, je rejoins Diane. Je me déchausse et je cours me tremper les pieds dans l'océan. Je me sens libre avec le sentiment d'avoir accompli mon rêve.

Diane a trouvé un très beau gros coquillage qui s'ouvre avec les 2 parties attachées et moi une coquille Saint-Jacques plate et un peu usée par l'eau mais magnifique. Voilà mission accomplie! J'ai trouvé la coquille que je ramène avec moi, symbole que j'ai complété mon pèlerinage et qui protégera notre maison à Ashu et à moi.

On rencontre un autre pèlerin avec le même sourire radieux que nous. Il fait soleil et nous sommes tous heureux. Je continue à marcher pieds nus dans le sable. Mes pieds sont libres et joyeux. Diane finit par se déchausser également et goûte à l'océan.

Km 0 ou plutôt km 1600: Cap Fisterra destination finale de notre pèlerinageKm 0 ou plutôt km 1600: Cap Fisterra destination finale de notre pèlerinage
Km 0 ou plutôt km 1600: Cap Fisterra destination finale de notre pèlerinageKm 0 ou plutôt km 1600: Cap Fisterra destination finale de notre pèlerinageKm 0 ou plutôt km 1600: Cap Fisterra destination finale de notre pèlerinage
Km 0 ou plutôt km 1600: Cap Fisterra destination finale de notre pèlerinageKm 0 ou plutôt km 1600: Cap Fisterra destination finale de notre pèlerinage

En entrant à Fisterra, on passe devant la Cruz de Baixar, puis devant la statue de Jacquot. Oui, c'est peut-être un peu familier mais c'est comme cela qu'on a fini par l'appeler au fil des kms. A force de marcher en allant vers lui, de chercher toutes ses statues, il a fini par faire partie de notre quotidien et devenir notre compagnon de route.

Km 0 ou plutôt km 1600: Cap Fisterra destination finale de notre pèlerinage
Km 0 ou plutôt km 1600: Cap Fisterra destination finale de notre pèlerinage

Les 3 derniers kilomètres de montée le long de la route pour se rendre jusqu'au phare semblent interminables. On rencontre des pèlerins en sens inverse et qui sont encore tout émus de leur expérience.

Quel beau moment quand on se retrouve devant la borne km zéro avec la vue sur l'océan, les rochers et le phare. Il vente fort et cela donne encore plus de force à ce moment magique et unique. Nous sommes au cap du bout du monde et j'ai enfin le sentiment d'être arrivée, d'avoir complété mon pèlerinage. Cela n'aurait pas pu être plus beau.

On voit le pilonne ou les pèlerins ont accroché quelque chose. Parmi toutes ces chaussures se trouvent celles d'Annick. Nous ne laissons rien car nous n'avons déjà que l'essentiel et même si mes bottes sont usées jusqu'à la corde, j'en ai encore besoin pour rentrer au Canada.

Il ne nous reste plus beaucoup de temps, alors on redescend et on rencontre les compagnons Français et Québécois en chemin. Nous allons vite chercher notre dernière accréditation: la ''Fisterra'' à l'albergue municipale. On aura juste le temps de manger un sandwich avant d'embarquer dans l'autobus qui nous ramènera à Santiago. Je n'ai tellement plus l'habitude des transports que j'aurai la nausée et le mal d'auto tout le long.

Borne km zéro et le phare de Fisterra
Borne km zéro et le phare de Fisterra
Borne km zéro et le phare de Fisterra
Borne km zéro et le phare de Fisterra

Borne km zéro et le phare de Fisterra

Après 72 jours sur le Chemin de Compostelle dont 70 jours de marche et seulement 2 jours de repos, Diane et moi avons parcouru 1600 km. Nous avons assisté à au moins 26 messes et bénédictions. Nous avons traversé des montagnes, des plateaux, des zones planes à l'infini, jusqu'à l'océan atlantique.

Nous avons dormi dans des gîtes privés, gîtes municipaux, gîtes paroissiaux, gîtes chrétiens, camping et auberge de jeunesse. La diversité des hébergements comprenait: chambre d'hôte à la ferme, chambre dans un ancien pigeonnier, dortoir dans une grange, lit dans des dortoirs de 6 à 100 lits, matelas au sol dans une annexe d'église, chambre individuelle dans un couvent et monastère, dortoir dans une abbatiale et une collégiale. Mais nous n'avons jamais dormi à l'hôtel ni dans un château.

Côté bouffe, on a goûté à toutes les spécialités locales mais surtout on a mangé du pain, encore du pain, toujours du pain, mais aussi beaucoup de fromage, d'omelettes, de chocolatines ou napolitana, beaucoup de flans, bu beaucoup d'eau mais aussi pas mal de vin, sans oublier les oranginas et les succulents jus d'orange frais. En fait, on ne s'est privé de rien!

Sur 72 jours, nous avons eu moins d'une semaine de pluie, la majorité du temps du gros beau soleil. Et physiquement, j'ai seulement eu quelques petits bobos: un rhume, quelques ampoules, perdu un ongle, 2 ongles noirs, quelques irruptions cutanées, piqûres de moustiques, d'insectes non identifiés et de plantes non identifiées non plus. Diane n'a eu qu'un rhume, une mini ampoule et des douleurs au genou.

Ce que l'on a oublié ou perdu en chemin: moi une veste coupe-vent dans une chambre du pays basque, Diane: un téléphone cellulaire et un appareil photo anéantis par un gros orage d'Espagne et une petite culotte sur un fil d'étandage en Espagne!

Enfin, ce que l'on a trouvé en chemin: des paysages magnifiques, des villages pittoresques mais tous avec leur propre charme, une nature belle, harmonieuse et généreuse, de belles rencontres avec des gens de tous horizons, de toutes nationalités, de tous âges, toujours prêts à s'entraider, un esprit de fraternité et enfin la rencontre avec les hospitaliers, ces personnes si généreuses qui nous ont accueilli alors qu'on était sale, fatigué, parfois marabout mais qui étaient là pour nous offrir un lit, un repas, mettre du baume dans nos cœurs, donner un sens à notre démarche et nous insuffler l'énergie nécessaire pour continuer.

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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 19:27

La plupart des pèlerins choisissent de compléter leur marche jusqu'à Fisterra en 3 jours, ce qui veut dire que la 3e journée ils parcourront 36 km mais Diane et moi avons décidé de plutôt couper cette partie en deux étapes.

Comme il tombe des trombes d'eau au lever, il nous faudra attendre que cela se calme avant de partir. On peut s'en douter, le chemin sera donc très boueux. Les premiers kms sont splendides avec une végétation luxuriante. On surplombe la rivière Xallas au fort débit.

Le groupe habituel au départ, ensuite il y a une distance qui nous sépare les uns des autres
Le groupe habituel au départ, ensuite il y a une distance qui nous sépare les uns des autres
Le groupe habituel au départ, ensuite il y a une distance qui nous sépare les uns des autres
Le groupe habituel au départ, ensuite il y a une distance qui nous sépare les uns des autres
Le groupe habituel au départ, ensuite il y a une distance qui nous sépare les uns des autres

Le groupe habituel au départ, ensuite il y a une distance qui nous sépare les uns des autres

Pause café à Hospital. Jean-Pierre, l'Australien, Diane et moi, nous attardons un peu plus, ce qui nous permet d'éviter une grosse averse. Puis c'est le retour du soleil.

Bientôt Fisterra: Jour 71 - Olveiroa à Cee (20 km)
Bientôt Fisterra: Jour 71 - Olveiroa à Cee (20 km)
Bientôt Fisterra: Jour 71 - Olveiroa à Cee (20 km)

Je marche en solitaire et admire le paysage. Je prends le temps de m'arrêter à un sanctuaire et à la chapelle San Pedro Martir. On trouve de belles croix sur cette portion du chemin.

La fontaine miraculeuse
La fontaine miraculeuse

La fontaine miraculeuse

Bientôt Fisterra: Jour 71 - Olveiroa à Cee (20 km)

Après m'être désaltérée à la fontaine miraculeuse, je retrouve le jeune Danois rencontré au début du Camino Francès dans les Pyrénées. Cette fois il ne croule plus sous les 20 kilos de son énorme sac à dos qu'il a troqué pour un minuscule sac et un parapluie. Il me dit marcher en touriste maintenant pour se rendre jusqu'à Fisterra. Il a campé en solitaire jusqu'à Santiago, maintenant il fait l'expérience des albergues. On jase un peu. Je comprends mieux ses motivations. Il voulait faire Compostelle à la dure parce que jusqu'ici il a toujours été choyé par la vie et surtout par sa mère. Il m'a dit avoir souffert terriblement des pieds chaque jour à cause du poids de son sac et pourtant il a continué et aujourd'hui il est ici comme nous tous.

Bientôt Fisterra: Jour 71 - Olveiroa à Cee (20 km)
Bientôt Fisterra: Jour 71 - Olveiroa à Cee (20 km)
Bientôt Fisterra: Jour 71 - Olveiroa à Cee (20 km)

Des hauteurs, on aperçoit le cap Fisterra et on a une très belle vue sur l'océan. Il est seulement 13h30 quand on arrive à Cee. Il y a un excellent restaurant juste à côté de l'albergue O Camino das Estrellas. Je choisi le risotto aux pulpos + champignons + fromage de Galice.

On retrouve le Français et le Québécois de Drummondville qui dorment à la même albergue et on soupera avec eux.

Rencontre avec notre ami Koréen, Croix, Mon risotto
Rencontre avec notre ami Koréen, Croix, Mon risotto
Rencontre avec notre ami Koréen, Croix, Mon risotto

Rencontre avec notre ami Koréen, Croix, Mon risotto

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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 17:20

Notre journée de tourisme à Santiago s'est terminée par un souper d’au-revoir avec nos amies du Camino Annick et Michelle. Elles reviennent d'une journée à Fisterra mais en autobus. Annick a accroché ses vieilles bottes de randonnée qui avaient rendu l'âme au bout du phare. Elle ne nous cache pas être un peu jalouse de nous qui allons continuer à pieds jusqu'à Fisterra mais pour elles l'aventure se terminent et elles doivent repartir en train demain. Il semblerait qu'on lui ait donné la motivation pour revenir terminer cette marche jusqu'au bout de la terre. Et dire que Diane au même moment aurait elle préféré terminer sa marche à Santiago. Elle ne réalise pas encore la chance qu'on a d'avoir le temps de continuer un peu plus loin.

Coquille Saint-Jacques, gigantesque paella aux fruits de mer et crème glacée pour ce souper avec Annick et Michelle
Coquille Saint-Jacques, gigantesque paella aux fruits de mer et crème glacée pour ce souper avec Annick et Michelle
Coquille Saint-Jacques, gigantesque paella aux fruits de mer et crème glacée pour ce souper avec Annick et Michelle
Coquille Saint-Jacques, gigantesque paella aux fruits de mer et crème glacée pour ce souper avec Annick et Michelle
Coquille Saint-Jacques, gigantesque paella aux fruits de mer et crème glacée pour ce souper avec Annick et Michelle

Coquille Saint-Jacques, gigantesque paella aux fruits de mer et crème glacée pour ce souper avec Annick et Michelle

Jour 69 - Santiago à Negreira (22 km)

Quelle belle journée! J'avais hâte de repartir. La vue est superbe sur la cathédrale en montant, juste le temps de faire une photo et une averse s'abat sur nous. Le chemin à travers la forêt d'eucalyptus est superbe. Il n'y a presque plus personne sur le sentier.

On quitte l'Hospederia San Martin Pinario
On quitte l'Hospederia San Martin Pinario
On quitte l'Hospederia San Martin Pinario
On quitte l'Hospederia San Martin Pinario

On quitte l'Hospederia San Martin Pinario

Après environ 8 km, je fais une pause café avec Diane. Ensuite je marcherai seule jusqu'à l'étape du jour.

Pause café du matin
Pause café du matin
Pause café du matin

Pause café du matin

Il faut suivre en partie la route, puis après une descente s'ensuit une longue montée jusqu'à Carballo (km 14,2). Un cycliste me dépasse et je le rattraperai plusieurs fois, à chaque fois qu'il doit faire une pause pour s'habiller ou se déshabiller à cause des changements de température.

Un gros chien marron non attaché va me faire vivre toute une frousse en se dressant et en démontrant des signes d'agressivité. Je le tiens à distance avec mon bâton sans le perdre de vue jusqu'à ce que je sois assez loin pour me sentir soulagée.

Je m'arrête dans le bar du prochain village pour commander un sandwich. Le patron est charmant. L’accueil n'a rien à voir avec la froideur et l'indifférence que je ressentais les dernières journées avant d'arriver à Santiago.

Encore une autre averse juste avant d'arriver à Ponte Maceira avec son joli pont de pierres que j'ai quand même pu photographier.

Fisterra - Negreira et Olveiroa
Fisterra - Negreira et Olveiroa

Je retrouve Diane un peu avant 15h à la terrasse d'un restaurant à Negreira. Plusieurs albergues sont fermées et on se retrouve seules dans un dortoir de 6 places à l'albergue San José reçues par une femme qui parle français.

On passera le reste de l'après-midi dans un café à boire du thé et moi sur Internet. Pour souper, on choisit la pizzeria. On voit quelques pèlerins passer devant nous dont Jean-Pierre. Mais aucun ne dort dans la même albergue que nous.

Albergue San Jose et pizzeria de Negreira
Albergue San Jose et pizzeria de Negreira

Albergue San Jose et pizzeria de Negreira

Jour 70 - Negreira à Olveiroa (32 km)

Malgré une longue journée de 9 h et 32 km à marcher sous une pluie continue, le vent déchaîné avec des rafales de 50 km/h, les bottes complètement trempées depuis le matin, j'ai adoré ma journée.

Et dire que quelques jours plus tôt, dans des conditions moins extrêmes, j'ai failli abandonné, alors que là, je ne ressens ni fatigue, ni froid, ni découragement, ni colère, ni impatience. Au cours de cette fameuse journée 64, passé l'étape du découragement, trois mots avaient surgi dans ma tête: résignation, lâchez-prise et acceptation. C'était la leçon que je devais tirer de ces difficiles moments. Il semble que cette fois, la leçon est apprise et que j'ai mis ces 3 choses en application pour être aussi bien. Toute la journée je me suis sentie comme portée par une énergie extérieure à moi. L'énergie du Chemin me paraît tellement différente.

Enfin un petit-déjeuner que je prépare à mon goût avec des céréales!
Enfin un petit-déjeuner que je prépare à mon goût avec des céréales!
Enfin un petit-déjeuner que je prépare à mon goût avec des céréales!

Enfin un petit-déjeuner que je prépare à mon goût avec des céréales!

Pour la première fois, j'ai senti l'odeur de la mer. J'ai marché dans le bois des eucalyptus et des sapins. J'ai marché dans des sentiers transformés en ruisseaux. J'ai marché le long de la route. J'ai marché les pieds pataugeant dans l'eau et les pantalons trempés. Pourtant, rien pour miner ma bonne humeur.

Pause du matin. Arrivée du couple d'Hollandais
Pause du matin. Arrivée du couple d'Hollandais

Pause du matin. Arrivée du couple d'Hollandais

Je marche joyeusement d'un bar à l'autre. Joie de trouver une cheminée à côté de laquelle je peux se réchauffer; joie de trouver du papier journal pour sécher un peu l'intérieur de mes bottes même si cela sera tout à recommencer au prochain bar; joie de voir rentrer les pèlerins un à un dans le même état détrempé que nous et sans avoir besoin d'échanger un mot, comprendre exactement ce qu'ils ressentent car nous partageons tous la même misère ou plutôt le même bonheur.

Pause lunch. Je me régale d'une bonne soupe de lentilles. Les compagnons Français et Québécois de Drummondville
Pause lunch. Je me régale d'une bonne soupe de lentilles. Les compagnons Français et Québécois de Drummondville
Pause lunch. Je me régale d'une bonne soupe de lentilles. Les compagnons Français et Québécois de Drummondville

Pause lunch. Je me régale d'une bonne soupe de lentilles. Les compagnons Français et Québécois de Drummondville

Étrangement les pèlerins espagnols ont déserté cette partie du Chemin. On rencontre seulement une Espagnole. Les autres ce sont des étrangers dont le couple de Hollandais, un Français et un Québécois de Drummondville compagnons de route, Jean-Pierre, l'Australien, etc. On se connaît tous maintenant.

Fisterra - Negreira et Olveiroa

Et enfin, joie d'arriver à l'albergue à 17h30, de prendre une bonne douche chaude, un bon souper (salade de pâtes, calamars et frites, flan, bière et tisane). Et finalement, joie d'aller me coucher pour un repos bien mérité.

Pension Casa Loncha à Olveiroa
Pension Casa Loncha à Olveiroa

Pension Casa Loncha à Olveiroa

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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 11:41

Je m'excuse auprès de tous mes lecteurs de vous avoir laissé ainsi sans nouvelles mais la mise à jour du blog était devenue trop lourde à gérer en Espagne, parceque j'avais pris du retard, que souvent j'avais accès à la wifi seulement dans les bars, donc pas le lieu le plus propice à l'écriture, enfin aussi parceque j'avais besoin de prendre du recul par rapport au Camino et que je ne trouvais plus les mots pour décrire cette expérience. Bref, j'étais en panne d'écriture!

Je vais donc commencer par la fin et je reprendrai dans les semaines qui viennent le recit de notre aventure. Pour rassurer d'abord tous ceux qui n'ont pas eu de nos nouvelles en dehors du blog, je vous confirme que Diane et moi nous sommes bien devenues officiellement des Jacquets, en arrivant à Santiago le 7 novembre 2014, et que j'ai bien reçu ma Compostella avec mon nouveau nom en latin Reginam!

Ultreia! 1515 km 67 jours plus tard SANTIAGO!
Ultreia! 1515 km 67 jours plus tard SANTIAGO!

Que d'émotions en cette journée d'arrivée à Santiago! Parties de Pedrouzo à 20 km sous le soleil, je marche tout d'abord un peu avec Diane, puis quelques kms avec Dirk, toujours en sandales mais il s'arrête déjeuner dans le 1er bar. Je ne suis pas mécontente de marcher seule pour méditer un peu sur ces derniers milles qu'il me reste.

Encore des eucalyptus et un très bel éclairage dans la brume matinale. Je marche un moment avec Anick et Michelle. Je suis devenue une vraie machine. Je viens de parcourir 15km sans m'arrêter jusqu'à Monte de Gozo car je n'ai pas vu les bâtons de Diane à l'extérieur des quelques bars sur ma route et ne suis même pas fatiguée. Diane finit par me rejoindre et moi qui la pensais encore loin devant! Elle avait juste oublié de laisser ses bâtons à l'extérieur du bar pour m'indiquer qu'elle s'était arrêtée prendre un café!

Monté de Gozo c'est un peu décevant. On s'arrête le temps de faire des photos devant le grand monument moderne avec la croix et aussi d'aller voir à quoi ressemble l'albergue de 400 places. Elle ressemble à un campement militaire avec des blocs de logement. On aperçoit au loin Santiago.

la brume, une dernière flèche de Vicente, monté de Gozo
la brume, une dernière flèche de Vicente, monté de Gozo
la brume, une dernière flèche de Vicente, monté de Gozo
la brume, une dernière flèche de Vicente, monté de Gozo
la brume, une dernière flèche de Vicente, monté de Gozo

la brume, une dernière flèche de Vicente, monté de Gozo

Arrêt lunch dans une pulperia pour manger des calamars juste avant de rentrer dans la ville. Je ne suis pas pressée d'arriver. En fait, j'aimerais retarder encore plus ce moment pour le savourer, pour vraiment prendre conscience que je suis arrivée au bout de mon rêve. J'aimerais marcher au ralenti pour que chaque pas soit gravé dans ma mémoire. On est maintenant entré dans Santiago. Les flèches nous guident jusqu'à la vieille ville. Nous sommes maintenant dans les ruelles et les panneaux pour la cathédrale font leur apparition. Je sais qu'elle n'est plus loin et pourtant aucun signe d'impatience de la voir enfin.

C'est comme si la magie opérait. On retrouve des pèlerins dans les rues, des visages connus dans une ville inconnue. Certaines personnes qu'on avait perdu de vue depuis des jours, des semaines, des personnes à qui nous avons seulement dit: Holà! Buen Camino! mais des dizaines de fois. Et d'autres avec qui il y a eu plus d'échange. Mais en cet instant nous partageons tous la même joie, la même satisfaction. Pas besoin de mots pour comprendre ce que l'autre vit.

Finalement, une flèche surgit au bout d'une ruelle. Je la reconnais et les battements de mon cœur s'accélèrent. Quand on arrive devant elle, malgré les travaux de rénovations qui empêchent de voir l'ensemble de sa façade, l'émotion est forte. Les larmes, la joie, les rires se mélangent! Il est environ 14h et nous sommes arrivées à destination!

Ultreia! 1515 km 67 jours plus tard SANTIAGO!
Ultreia! 1515 km 67 jours plus tard SANTIAGO!
Ultreia! 1515 km 67 jours plus tard SANTIAGO!
Ultreia! 1515 km 67 jours plus tard SANTIAGO!
Ultreia! 1515 km 67 jours plus tard SANTIAGO!
Ultreia! 1515 km 67 jours plus tard SANTIAGO!
Ultreia! 1515 km 67 jours plus tard SANTIAGO!
Ultreia! 1515 km 67 jours plus tard SANTIAGO!
Ultreia! 1515 km 67 jours plus tard SANTIAGO!

Ensuite s'ensuivront tous les rituels du pèlerin. La visite au bureau des pèlerins pour l'obtention du document qui officialise que nous avons complété notre pèlerinage: la Compostella. Durant l'attente, d'autres retrouvailles: Jean-Marc, Vicente, et bien sur notre groupe des derniers jours: Anick, Michelle, Dirk, etc. On ira aussi chercher une autre Compostella, toute spéciale pour célébrer les 800 ans du pèlerinage de St François d'Assise.

Ultreia! 1515 km 67 jours plus tard SANTIAGO!
Ultreia! 1515 km 67 jours plus tard SANTIAGO!
Ultreia! 1515 km 67 jours plus tard SANTIAGO!
Ultreia! 1515 km 67 jours plus tard SANTIAGO!

On visitera bien sur la cathédrale, ou nous déposerons nos intentions de prières pour nos proches et celles que nous avons transportées depuis la cathédrale du Puy. J'ai prié pour Anne-Claire, cette inconnue, pour qu'elle guérisse de l'aneuréxie. On ira donner l'accolade à la statue de Saint-Jacques ainsi que nous recueillir sur la tombe de l'apôtre comme le veut la tradition.

Ultreia! 1515 km 67 jours plus tard SANTIAGO!
Ultreia! 1515 km 67 jours plus tard SANTIAGO!
Ultreia! 1515 km 67 jours plus tard SANTIAGO!
Ultreia! 1515 km 67 jours plus tard SANTIAGO!
Ultreia! 1515 km 67 jours plus tard SANTIAGO!

Enfin, le soir nous assisterons à la messe et retrouverons avec joie encore d'autres pèlerins: Isabelle que nous connaissons depuis le début en France, Jean-Pierre l'Allemand, Byounghoon le Coréen qui sourit toujours, le couple Hollandais qui ont marché depuis chez eux, Kevin l'Arizonien qui marchait et courait en sandales, Anick qui venait d'un village voisin de ma ville natale et son amie Michelle qui ont marché depuis le chemin d'Arles, etc. On a la chance de voir le botafumeiro en action, cet énorme encensoir de 53 kilos, suspendu à 20 mètres et tiré par 8 hommes qui traverse les transepts de la nef à toute allure. Il passera juste à côté de nous. Quel spectacle! Et encore des émotions!

Ultreia! 1515 km 67 jours plus tard SANTIAGO!
Ultreia! 1515 km 67 jours plus tard SANTIAGO!
Ultreia! 1515 km 67 jours plus tard SANTIAGO!

Nous finirons la soirée dans un restaurant avec un groupe de pèlerins, en majorité des Français, pour un dernier repas, car déjà c'est la fin et demain la plupart repartent chez eux.

Ultreia! 1515 km 67 jours plus tard SANTIAGO!

67 jours pour parcourir plus de 1500 km, de 15 à 30 km de marche par jour. Au-delà des chiffres, de toutes ces heures, ces jours, ces kms à marcher, au-delà de l'exploit physique, de l'émotion, que représente ce chemin maintenant? Je suis arrivée à destination et pourtant une partie de mon être ne veut pas croire que c'est déjà fini. Je n'ai pas le sentiment d'avoir terminé. Depuis quelques jours, l'idée de continuer à marcher a germé. Plus je m'approchais du but plus je sentais l'envie de poursuivre jusqu'à l'océan, jusqu'au bout de la terre car le chemin continue jusqu'à Fisterra et même un peu plus loin Murcia. Diane était prête à raccrocher ses bottes et ses bâtons et à prendre l'autobus jusqu'à Fisterra comme initialement prévu, mais nous avons encore 5 jours devant nous avant de prendre l'avion. Ça y est, c'est décidé, je continue à marcher! Le chemin m'appelle. Diane qui ne partage pas mon enthousiasme décide de continuer elle aussi.

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6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 11:06

Jour 65: Palas de Rei à Arzua (30 km)

Journée beaucoup plus agréable car même si c'était nuageux et que la température était autour des 10 degrés, il n'y a eu que 2 petites averses. Pour parcourir 30 km, je ne me suis arrêtée qu'à mi-parcours à Meride pour manger le meilleur gâteau au chocolat!

Beaucoup de petites églises et plus de croix sur le chemin
Beaucoup de petites églises et plus de croix sur le chemin
Beaucoup de petites églises et plus de croix sur le chemin

Beaucoup de petites églises et plus de croix sur le chemin

Trajet très plaisant avec des montées et des descentes, surtout à travers des boisés.

Paysages bucoliques de la Galice
Paysages bucoliques de la Galice

Paysages bucoliques de la Galice

Joli pont de pierres à traverser
Joli pont de pierres à traverser
Joli pont de pierres à traverser

Joli pont de pierres à traverser

À Meride, on voulait manger des pulpus (octopus) comme c'est la tradition mais je pensais qu'il y avait plus de pulperias et on a traversé la ville en deux temps trois mouvements pour finalement se retrouver dans un bar à la sortie qui nous a offert une très belle surprise: un choix de gâteaux maisons à tomber par terre. Il n'en fallait pas plus pour satisfaire 2 pèlerines en manque de chocolat.

Meride réputée pour ses pulpos mais pour nous le meilleur gâteau au chocolat d'Espagne!
Meride réputée pour ses pulpos mais pour nous le meilleur gâteau au chocolat d'Espagne!

Meride réputée pour ses pulpos mais pour nous le meilleur gâteau au chocolat d'Espagne!

La région possède de beaux boisés avec essentiellement des eucalyptus, ces arbres gigantesques avec une écorce lisse qui pèle. Heureusement que j'ai retrouvé une partie de mon odorat car cela sent tellement bon.

Changement de décor: les forets d'eucalyptus
Changement de décor: les forets d'eucalyptus
Changement de décor: les forets d'eucalyptus
Changement de décor: les forets d'eucalyptus

Changement de décor: les forets d'eucalyptus

Compostelle - Arzua et Pedrouzo

Même s'il y a de plus en plus de pèlerins, beaucoup de jeunes Espagnols, j'arrive quand même à marcher la plupart du temps seule. Mon moral est revenu au beau fixe. Je me sens les jambes légères et aucune douleur aux pieds. On est maintenant à moins de 50 kms de Santiago et je réalise que c'est bientôt la fin de notre marche. Je n'ai pas envie que cela s'arrête déjà alors que Diane a hâte d'arriver.

Boente, église dédiée à Saint-Jacques, une borne qui a du en voir passer des pèlerins...
Boente, église dédiée à Saint-Jacques, une borne qui a du en voir passer des pèlerins...
Boente, église dédiée à Saint-Jacques, une borne qui a du en voir passer des pèlerins...
Boente, église dédiée à Saint-Jacques, une borne qui a du en voir passer des pèlerins...

Boente, église dédiée à Saint-Jacques, une borne qui a du en voir passer des pèlerins...

Après 2 jours sans voir Jacquot (Saint-Jacques), on le retrouve ainsi que Saint-Roch dans une petite église de village ou le curé nous accueille chaleureusement. Il nous offre la prière de Saint-Jacques et nous donne la bénédiction.

Compostelle - Arzua et Pedrouzo
Compostelle - Arzua et Pedrouzo
Compostelle - Arzua et Pedrouzo
Compostelle - Arzua et Pedrouzo

On arrive à 16h à Arzua, une ville plutôt moche et on s'installe dans l'albergue Don Quijote avec de grands dortoirs et presque vide. On a l'heureuse surprise de retrouver Isabelle qu'on avait connue au tout début. Elle était partie la même journée que nous du Puy en Velay mais on l'avait perdu de vue alors qu'elle souffrait d'une tendinite et marchait en clopinant toujours avec détermination et son merveilleux sourire. Quelles belles retrouvailles!

Antonio est aussi à Arzua mais dans une autre albergue. On le revoit à l'église ou nous assistons à une très belle messe avec beaucoup de chants. À la fin, une femme derrière nous s'adresse en Espagnol à Diane qui lui sourit et incline de la tête comme pour acquiescer alors qu'elle ne comprend absolument rien de ce qu'elle lui dit. Je fais de mon mieux pour faire l'interprête. Voyant que nous sommes des pèlerines, elle nous demande d'attendre là car elle a quelque chose à nous donner. Elle disparaît dans une salle sur le côté de l'église et revient avec plusieurs coquilles Saint-Jacques. Elle nous les donne pour les offrir à nos proches comme protection et demande à Diane de prier pour Paco, celui qui a ramené ces coquilles de Santiago après la mort subite de son jeune fils.

On termine la soirée dans un restaurant proche de l'albergue et nous goûterons enfin à de la très bonne cuisine de Galice.

Excellent menu du pèlerin à 10 euros: crêpe galicienne fourrée d'une sauce aux fruits de fer, assiette de morue sur lit de patates rôties et poivrons et olives, flan à la pastèque et crème chantilly
Excellent menu du pèlerin à 10 euros: crêpe galicienne fourrée d'une sauce aux fruits de fer, assiette de morue sur lit de patates rôties et poivrons et olives, flan à la pastèque et crème chantilly
Excellent menu du pèlerin à 10 euros: crêpe galicienne fourrée d'une sauce aux fruits de fer, assiette de morue sur lit de patates rôties et poivrons et olives, flan à la pastèque et crème chantilly

Excellent menu du pèlerin à 10 euros: crêpe galicienne fourrée d'une sauce aux fruits de fer, assiette de morue sur lit de patates rôties et poivrons et olives, flan à la pastèque et crème chantilly

Jour 66 - Arzua à Pedrouzo (20 km)

Autre journée plaisante mais je n'ai presque pas pris de photos car il a pleuviné toute la journée. J'ai passé une très bonne nuit et c'est Diane qui m'a réveillé à 7h30 car je dormais encore profondément. On a mangé nos céréales muesli dans la cuisine de l'albergue avant de se mettre en route à 8h30.

Pause du matin
Pause du matin

Pause du matin

J'ai retrouvé Dirk à la pause du matin. Cela fait 3 jours qu'il marche avec des flip-flop car il avait des ampoules. On marchera ensemble pour le reste de l'étape. Je dois dire qu'il marche avec dextérité malgré ses gougounes aux pieds, même dans le sentier boueux. Il n'y a qu'une seule fois qu'il a failli glisser.

Je retrouve Diane à Santa Irene (km 16) alors qu'on s'arrête pour le lunch. Je goûte au caldo galieco, un potage avec des légumes verts, très bon.

Pause lunch avec Dirk.
Pause lunch avec Dirk.

Pause lunch avec Dirk.

Une bonne partie de la marche d'aujourd'hui se fait encore à travers la forêt d'eucalyptus. Alors qu'on arrive à l'entrée de Pedrouzo, je continue à suivre les flèches jaunes sans me rendre compte que je sors de la ville. Heureusement que Dirk est là pour me remettre sur le chemin, direction centre ville sinon je m'en allais directement à Santiago!

Je n'ai pas envie de sauter cette étape-ci car je me sens un peu bizarre à l'idée d'arriver demain à destination. En fait, je songe de plus en plus sérieusement à continuer de marcher jusqu'à Fisterra car nous avons encore plusieurs jours devant nous avant de prendre l'avion le 13 novembre. J'en ai parlé à Diane mais elle est loin de partager mon enthousiasme.

Dirk me montre une annonce pour une albergue avec sauna. On a tout de suite la même idée et on se met à la recherche de cet établissement. L'auberge est super moderne, ouverte depuis seulement un an. Alors qu'on est en train de s'enregistrer, Diane arrive. En fait, elle est déjà là depuis un moment et a fait le tour des albergues avant de se décider à venir voir celle-ci. Je ne compte plus les coïncidences du Camino. À ce stade-ci, on n'a même plus besoin de se parler pour communiquer. On se retrouve tout simplement aux mêmes endroits.

Albergue touristico Cruceiro de Pedrouzo
Albergue touristico Cruceiro de Pedrouzo

Albergue touristico Cruceiro de Pedrouzo

C'est le gros luxe pour cette dernière nuit. Je prends une douche dans une salle de bain privée pour handicapés qui est immense. Puis, je vais passer 40 minutes dans le sauna avec Dirk et Annick. Cette dernière va presque mettre le feu au sauna et nous avec. En voulant verser quelques gouttes d'huile essentielle sur les pierres chaudes pour aromatiser le sauna, elle vide par mégarde presque tout le flacon, ce qui provoque une immense flamme. Après la purification de l'esprit à travers le chemin que nous parcourrons depuis plus de 2 mois et toutes les bénédictions que nous avons reçues, je viens de passer à la purification physique avec le sauna! Je me sens comme un être tout neuf :-)

Souper en bonne compagnie: le trio Barbara, Annick et Michelle, Martin le Hollandais, Carmen de Paris, Dirk l'Allemand, Sylvie du Canada, Diane et moi.
Souper en bonne compagnie: le trio Barbara, Annick et Michelle, Martin le Hollandais, Carmen de Paris, Dirk l'Allemand, Sylvie du Canada, Diane et moi.

Souper en bonne compagnie: le trio Barbara, Annick et Michelle, Martin le Hollandais, Carmen de Paris, Dirk l'Allemand, Sylvie du Canada, Diane et moi.

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 19:44

Jour 63 - Barbadelo à Gonzar (26 km)

Il y en a qui se sont levés à 6h et 6h30 dont une Américaine qui dormait à côté de moi. Une fois qu'ils ont réveillé tout le dortoir, aussi bien se lever et partir nous aussi à la noirceur! Ce sera toujours autant de kms de fait avant la pluie. On devine à peine les flèches jaunes dans la pénombre à tel point qu'à un croisement, on n'est plus sur de rien. Heureusement un papi sort ses poubelles et je lui demande la direction. On allait partir à droite alors qu'il fallait continuer tout droit. L’Américaine partie 1/2 h avant nous se retrouve derrière nous. Morale de l'histoire: mieux vaut ne pas partir à la noirceur si on veut prendre le bon chemin!

Pause thé et biscocho au 1er bar rencontré (km 8). Je me sens au bord de la crise de foie, plus capable de manger des omelettes!

Deux bornes qui indiquent le kilomètre 100 et à une bonne distance l'une de l'autre! Tout pour mélanger le pèlerin!
Deux bornes qui indiquent le kilomètre 100 et à une bonne distance l'une de l'autre! Tout pour mélanger le pèlerin!

Deux bornes qui indiquent le kilomètre 100 et à une bonne distance l'une de l'autre! Tout pour mélanger le pèlerin!

Et voilà! Il faut recommencer l'égo-portrait. Et comme on peut le voir, je suis pas trop douée pour les selfie :-(
Et voilà! Il faut recommencer l'égo-portrait. Et comme on peut le voir, je suis pas trop douée pour les selfie :-(

Et voilà! Il faut recommencer l'égo-portrait. Et comme on peut le voir, je suis pas trop douée pour les selfie :-(

Compostelle - Gonzar et Palas de Rei

Ceci est un moment important, un jalon sur le Chemin de Compostelle, quand on arrive à la borne qui nous indique qu'il ne reste plus que 100 km à marcher! C'est toute seule que je célèbre cette petite victoire car Diane doit être déjà loin devant. Je ne m'attarde pas trop car la pluie se met de la partie. Ô surprise, je trouve une seconde borne 100 plus loin. Laquelle est la bonne? C'est pas la première fois que la confusion règne sur le Camino en ce qui a trait au kilométrage.

Et voilà qu'il va pleuvoir tout le restant de la journée avec en plus d'énormes rafales de vent. La Galice sous la pluie n'a rien d'attrayant. Non seulement je n'ai rien vu du paysage car je me concentrais à regarder droit devant mais je devais aussi tenir mon poncho qui se dégrafait et s'envolait à tout bout de champ.

Quand j'arrive à Portomarin un peu avant midi, après m'être battue contre le vent déchaîné en traversant un immense pont, je retrouve Diane qui m'attend en haut des marches à l'entrée de la ville. On fait une pause dans un bar. Diane en profite pour sécher ses bottes avec du papier journal car elles sont trempées.

Comme la pluie a presque cessé, on décide de continuer encore 8 km jusqu'à Gonzar mais cela recommencera avec des rafales de vent encore plus fortes. Mes bottes finissent par prendre l'eau et mes pieds pataugent. Je continue sur le bord de la route car le sentier est rempli de flaques. On arrive à temps à l'auberge car juste après c'est le déluge, des trombes d'eau s'abattent pendant un bon moment. On apprendra plus tard qu'on a battu un record de pluie cette journée-là.

L’accueil à l'albergue est froid et impersonnel, comme cela semble la norme depuis qu'on est en Galice. Il n'y a même pas de vieux journaux de disponibles pour les chaussures. Le dortoir de 24 lits se transforme vite en séchoir avec du linge trempé qui pend un peu partout. Heureusement qu'il y aura un peu de chauffage pour faire sécher tout ça! Je fais la connaissance d'un couple de Hollandais qui ont commencé leur marche à partir de chez eux, c'est-à-dire Maastrich, un sacré bout de chemin!

Pour manger, il faut se contenter du snack-bar à côté de l'albergue qui sert seulement des sandwichs, omelettes et hamburgers.

Refuge municipal de Gonzar et Diane enroulée comme une papillote dans sa feuille de survie (elle n'a pas de sac de couchage)
Refuge municipal de Gonzar et Diane enroulée comme une papillote dans sa feuille de survie (elle n'a pas de sac de couchage)

Refuge municipal de Gonzar et Diane enroulée comme une papillote dans sa feuille de survie (elle n'a pas de sac de couchage)

Jour 64 - Gonzar à Palas del Rei (17,6 km)

Ma journée la plus difficile du Camino, non pas sur le plan physique mais moral. On vient à peine de se mettre à marcher qu'il se remet à pleuvoir. En moins de 5 minutes, on est complètement trempées et les pieds aussi. C'en est trop pour moi et je craque! Avec un ciel bouché à la grandeur, j'imagine cette pluie battante pour le reste de la journée et je ne me vois pas marcher encore ainsi pour une deuxième journée. Depuis hier, je n'apprécie plus rien de ma marche. Je ne vois plus rien du paysage à cause de la pluie et du vent. Je ne sens plus rien à cause de mon rhume. Pour la première fois, j'envisage sérieusement de prendre l'autobus jusqu'à la prochaine étape. Diane essaie de m'encourager en me disant que je ne peux pas abandonner maintenant si proche du but. Face à mon entêtement, elle décide de continuer.

Compostelle - Gonzar et Palas de Rei
Compostelle - Gonzar et Palas de Rei

Pour prendre l'autobus, il faudrait d'abord que je fasse demi-tour pour me renseigner au bar du village. Et comme je suis allergique à l'idée de revenir sur mes pas, je me dis que je pourrais peut-être me rendre jusqu'au prochain bar à la place. C'est ce que je fais et comme par miracle, quand je me mets en route la pluie diminue.

Compostelle - Gonzar et Palas de Rei
Compostelle - Gonzar et Palas de Rei

Après la pause café, le ciel se dégage un peu et on aura même quelques rayons de soleil. Mon moral revient. Maintenant je ne me donne comme objectif que de marcher jusqu'au prochain village et surtout le prochain bar ou je pourrai faire sécher un peu mes vêtements et me réchauffer. La pluie recommencera de nouveau jusqu'au prochain bar, etc.

Compostelle - Gonzar et Palas de Rei

De village en village, de bar en bar, on parcourt ainsi 17,6 km en 5h45 jusqu'à Palas de Rei.

Restaurant à l'entrée de Palas de Rei

Restaurant à l'entrée de Palas de Rei

L'albergue privée est sympa, moderne et avec enfin des rideaux de douche! On ira faire des courses au supermarché, boire un thé et manger un gâteau au salon de thé tout en regardant un soap espagnol à la TV, bref tout pour se remonter le moral.

On assiste à la messe de 19h avec des chants accompagnés par la guitare. Une fois encore les émotions me rattrapent et je fonds en larme au milieu de la messe.

Pour souper, je mange une bonne soupe de légumes. C'est bon pour le moral et ça réchauffe car toute la journée il a fait entre 6 et 10 degrés seulement. Et je vais goûter aux pulpos servis sur une planche en bois, spécialité en Galice. C'est bon sauf la texture de la peau un peu gluante et les espèces de ventouses autour que je ne mangerai pas.

Albergue San Marcos, Assiette de Pulpos (octopus)
Albergue San Marcos, Assiette de Pulpos (octopus)

Albergue San Marcos, Assiette de Pulpos (octopus)

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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 14:28

Jour 61 - O'Cebreiro à Samos (31 km)

Nous choisissons une variante qui nous rallonge de quelques km mais qui va nous permettre de découvrir l'abbaye et monastère de Samos. On commence par des montées et des descentes, 2 cols (alto de San Roque et alto de Poio) et on marche le long de la route à travers le brouillard durant 19 km jusqu'à Triacastela. Je me sens un peu fiévreuse à cause du rhume.

Compostelle - Samos et Barbadelo
Compostelle - Samos et Barbadelo
Compostelle - Samos et Barbadelo

Au cours de la pause tortilla, je fais enfin la connaissance de Vicente, un homme vraiment chaleureux qui m'a particulièrement marqué sur le Camino. Je lui dis combien j'apprécie ses flèches en fleur. Il me répond d'abord qu'il a commencé cela parce qu’il avait le temps et rien d'autre à faire. Puis, il ajoute qu'en fait, il fait ça par vanité. Un ami lui avait dit que le chemin de Compostelle c'était l'ensemble de toutes les empreintes de pas que les pèlerins avait laissées. Et comme il voulait que son empreinte se voit, il a commencé à composer des flèches avec des fleurs qu'il ramasse sur le chemin. Pour moi, Vicente est un artiste qui met un sourire dans nos cœurs par ses œuvres éphémères.

Rencontre avec Vicente, le flècheur du Camino
Rencontre avec Vicente, le flècheur du Camino

Rencontre avec Vicente, le flècheur du Camino

Le sentier est bucolique mais il faut constamment marcher dans le jus de bouse de vache. Il y aura quelques averses. Je passe à côté d'un impressionnant châtaignier vieux de 800 ans. Un peu plus loin je me trouve face à face avec un troupeau de vaches. Je fais demi-tour et cours me réfugier à un croisement pour éviter de me faire encorner. Il y a quand même 2 chiens qui rappellent à l'ordre les vaches et le berger des temps modernes suit derrière le volant de son auto!

En chemin, j'ai rencontré une mami qui se tenait debout avec une assiette de crêpes. Elle m'en offre une sur laquelle elle rajoute du sucre et me demande gentiment une pièce en échange. Je me régale!

Compostelle - Samos et Barbadelo
Compostelle - Samos et Barbadelo
Compostelle - Samos et Barbadelo
Compostelle - Samos et Barbadelo

Finalement le ciel se dégage, ce qui me permet de mieux apprécier le paysage, les hameaux et les églises sur le sentier. À un moment donné je ne vois plus de flèches sur ma route et je dois faire demi-tour sur environ 500 m car je me suis trompée.

Compostelle - Samos et Barbadelo
Compostelle - Samos et Barbadelo
Compostelle - Samos et Barbadelo

Quand on arrive à Samos, on a une très belle vue sur le monastère, un des plus gros d'Espagne. J'y arrive à 16h30 après une bonne journée de 31 km de marche. Diane est en train de faire sa lessive. Après ma douche, je lui dis que je vais aller visiter le monastère. Elle se joint à moi alors que Jean-Marc, la Québécoise et d'autres décident d'aller à la visite guidée suivante. Nous avons bien fait car on fera partie du dernier groupe. La visite est guidée par un moine bénédictin. C'est très intéressant.

On manque la messe car l'horaire a été changé mais nous irons écouter les chants grégoriens que j'ai trouvés un peu décevants.

Monastère de Samos, moines bénédictins
Monastère de Samos, moines bénédictins
Monastère de Samos, moines bénédictins
Monastère de Samos, moines bénédictins
Monastère de Samos, moines bénédictins
Monastère de Samos, moines bénédictins
Monastère de Samos, moines bénédictins

Monastère de Samos, moines bénédictins

Le dortoir du monastère est sinistre malgré les quelques peintures aux murs et plafonds. On y entre par 2 grandes portes en bois style hangar. Il y a 70 lits entassés là. Mais on est bien accueilli par un hospitalier italien.

On soupe juste en face: salade de riz, chipirones (calamars) et fromage au miel.

Fatiguée à cause de ma gripette, je me couche avant tout le monde et dors sans que les nombreux ronflements me dérangent.

Dortoir de 70 lits à Samos
Dortoir de 70 lits à Samos

Dortoir de 70 lits à Samos

Jour 62 - Samos à Barbadelo (20 km)

Ce matin au petit-déjeuner dans le seul bar d'ouvert, j'ai fait la connaissance d'un séminariste français qui fait le chemin de Compostelle aller/retour depuis chez lui, sans argent, en comptant seulement sur la charité des gens. Quand on l'a rencontré, il était sur le chemin du retour. Il faut avoir une foi à toute épreuve pour marcher tous ces kms sans argent. Avant de partir je décide de lui laisser quelques Euros pour qu'il puisse se payer un café et croissant. Quelques kms plus loin, alors que je pense encore à son exploit, je réalise que je suis partie du bar sans payer mon petit-déjeuner. Je me sens mal mais en même temps il est hors de question que je refasse tous ces pas. Je décide donc de continuer en espérant que ce n'est pas le séminariste qui s'est retrouvé obligé de payer mon petit-déj avec l'argent que je lui avais laissé!

Compostelle - Samos et Barbadelo
Compostelle - Samos et Barbadelo
Compostelle - Samos et Barbadelo
Compostelle - Samos et Barbadelo

C'est ici qu'il faut choisir entre le chemin le plus court qui longe la route ou celui traditionnel qui passe à travers un boisé de chênes mais qui est plus long de 3 km. Comme je n'ai plus de problèmes de pieds et que j'ai retrouvé la joie de marcher, je veux prendre le sentier le plus agréable. Diane, qui n'a jamais de problèmes de pieds et qui marche plus vite que tout le monde, voulait prendre le chemin le plus court, elle qui commence à trouver que le Camino de Santiago c'est vraiment long et à déprimer un peu surtout quand elle arrive dans les albergues! Finalement elle se rallie à mon choix et ne le regrettera pas car c'est vraiment beau.

Compostelle - Samos et Barbadelo
Compostelle - Samos et Barbadelo
Compostelle - Samos et Barbadelo
Compostelle - Samos et Barbadelo
Compostelle - Samos et Barbadelo
Compostelle - Samos et Barbadelo

Pause à Aguiada (km 12) ou on retrouve Jean-Marc mais aussi Vicente. Je commande una tortilla francesa.

On voit de plus en plus de distributeurs de boissons, même en pleine campagne!
On voit de plus en plus de distributeurs de boissons, même en pleine campagne!
On voit de plus en plus de distributeurs de boissons, même en pleine campagne!

On voit de plus en plus de distributeurs de boissons, même en pleine campagne!

On traverse Sarria, une ville pas terrible remplie d'albergues. On fera simplement une pause café car on veut avancer le plus possible.

Sarria, dernière ville pour commencer le pèlerinage de Compostelle
Sarria, dernière ville pour commencer le pèlerinage de Compostelle
Sarria, dernière ville pour commencer le pèlerinage de Compostelle

Sarria, dernière ville pour commencer le pèlerinage de Compostelle

Finalement comme la pluie commence à tomber, on décide de s'arrêter après 4 km à Barbadelo. J'ai les pantalons trempés et Diane les pieds mouillés. Comme on arrive à seulement 14h et qu'il n'y a rien à faire, on tue le temps entre notre albergue municipale et une autre albergue privée à 150 m ou ils ont la wifi. On y retrouve Carmen qui soupera avec nous. Le trio Annick-Michelle-Barbara sont aussi là.

Barbadelo
Barbadelo

Barbadelo

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31 octobre 2014 5 31 /10 /octobre /2014 13:04

Jour 59 - Ponferrada à Pereje (27 km)

Je n'ai plus mal aux pieds. Sans ampoules, la vie de cheminante est tellement plus belle!

Une belle journée de marche avec un paysage vallonné et des vignobles aux couleurs d'automne. Il fait beau avec juste un peu de brouillard et de fraîcheur le matin mais chaud et ensoleillé l'après-midi.

Pause café matinale à Camponaraya
Pause café matinale à Camponaraya
Pause café matinale à Camponaraya
Pause café matinale à Camponaraya

Pause café matinale à Camponaraya

J'ai marché avec Diane jusqu'à Pieros ou je me suis arrêtée pour pique-niquer. Diane est partie sur ses grandes enjambés et je ne la reverrai pas de la journée.

Je chemine avec Diane jusqu'à Pieros
Je chemine avec Diane jusqu'à Pieros
Je chemine avec Diane jusqu'à Pieros

Je chemine avec Diane jusqu'à Pieros

Il y a une variante pour se rendre à Villafranca et je pense avoir pris le chemin le plus long mais je ne le regrette pas. Je traverse une zone de vignobles très belle et tranquille.

La traversée de Villafranca est un peu mélangeante. Il y a des flèches jaunes un peu partout, qui parfois indiquent deux directions opposées. Allez savoir laquelle choisir! Je pensais retrouver Diane. Une Québecoise assise à une terrasse de café me dit qu'elle est passée par là il y a tout juste 10 minutes et qu'elle me cherchait. Je continue pensant peut-être la rattraper. On peut toujours rêver!

Villafranca del Bierzo
Villafranca del Bierzo
Villafranca del Bierzo
Villafranca del Bierzo
Villafranca del Bierzo

Villafranca del Bierzo

En sortant de Villafranca, c'est Jean-Marc que je retrouve sur le sentier et nous marcherons ensemble jusqu'à Pereje. Comme c'est le village-étape que nous nous étions fixé pour aujourd'hui, je pensais retrouver Diane à l'unique auberge du village mais elle n'y est pas. Elle m'informe plus tard par email qu'elle a décidé de continuer jusqu'au village suivant car celui-ci ne lui plaisait pas.

L'auberge est très bien, dans une vieille maison de pierres avec pour une fois pas de lits superposés. Je me retrouve la seule femme dans un dortoir de 12 lits. Nous ne serons que 5 avec Jean-Marc, Dirk un jeune Allemand qui vit à Londres et qui parle anglais et espagnol, et deux Espagnols, l'un très sympathique Antonio mais qui ne parle qu'espagnol et l'autre antipathique dont je ne me souviens plus du nom.

Compostelle - Pereje et O Cebreiro

Il y a un troisième Espagnol, Vicente, que je n'ai pas encore eu la chance de rencontrer et qui marchait avec eux, mais que j'ai surnommé le flécheur du Camino. Depuis plusieurs jours, il égaille le sentier en faisant de magnifiques compositions florales en forme de flèches tout au long du chemin. Diane l'a déjà remarqué car il se promène avec un sac en plastique et elle l'a vu en train de cueillir des fleurs qui dépassaient des jardins. J'ai commencé à prendre ses flèches en photo à partir de Pereje.

Nous nous retrouvons tous les cinq pour souper à l'unique bar-restaurant du village ou nous serons très bien reçu avec dans mon assiette truite, légumes et flan en dessert.

L'albergue avec ses vieilles pierres et son dortoir en sous-sol sera frais et humide pour dormir. J'ai commencé à avoir un mal de gorge et le nez bouché, ce qui me vaudra le lendemain matin de me faire fusiller du regard par l'Espagnol antipathique accompagné d'un commentaire cinglant à l'effet que j'ai ronflé et l'ai empêché de dormir. Lui de son côté ne s'est pas gêné pour se promener en balayant le dortoir de long en large avec sa frontale bien trop de bonne heure alors que tout le monde dormait encore. Je ne crois pas que j'étais la seule à ronfler cette nuit là. En plus il y avait Antonio qui lui n'arrêtait pas de tousser. Ça fait partie des joies des nuits en dortoir!

Refuge municipal de Pereje
Refuge municipal de Pereje
Refuge municipal de Pereje

Refuge municipal de Pereje

Jour 60 - Pereje à O'Cebreiro (22,5 km)

Je m'arrête déjeuner au bout de 4km à Trabadelo là ou Diane a dormi, servie par une aubergiste qui semble frustrée et n'est pas très sympathique.

Je passe beaucoup de villages. Il y a des annonces partout pour des hébergements. Cette partie du Camino commence à être plus commerciale car on est à moins de 200 km du but. On rentre dans une zone ou le nombre de pèlerins est de plus en plus nombreux en saison, donc ça devient un peu une usine à pèlerins. En plus, en fin de saison, ils doivent être fatigués et tannés de nous voir.

Le chemin longe la route et parfois l'autoroute passe sur un viaduc juste au-dessus du village. C'est pas terrible comme environnement pour ces villageois qui devaient auparavant savourer le paysage bucolique de cette vallée. Maintenant ils font face au béton.

Le long de la route dans une jolie vallée, moins de 200 km pour Santiago
Le long de la route dans une jolie vallée, moins de 200 km pour Santiago
Le long de la route dans une jolie vallée, moins de 200 km pour Santiago

Le long de la route dans une jolie vallée, moins de 200 km pour Santiago

Compostelle - Pereje et O Cebreiro

La route longe aussi une rivière. Cette vallée avec ses nombreux châtaigniers me rappelle mon Ardèche natale. Après Las Herrerias (km 14), cela monte tout le long.

Je m'arrête à La Faba (km 18, 900 m) pour manger dans un bar. C'est incroyable qu'en Espagne le choix de nourriture soit aussi limité dans les bars. S'il n'y a pas de tortilla de patatas, la seule autre option c'est un sandwich. Je ne comprends pas pourquoi ils ne servent pas autre chose comme des salades par exemple. Je me commande un sandwich avec omelette française au fromage. Au bout de quelques minutes, on se retrouve toute une gang de pèlerins: Jean-Marc, Dirk, le trio Annick-Michelle-Barbara et un cycliste Allemand. Finalement, presque tous commande un sandwich comme le miens qui est, somme toute, excellent.

Compostelle - Pereje et O Cebreiro
Compostelle - Pereje et O Cebreiro
Compostelle - Pereje et O Cebreiro

La montée à travers les châtaigniers est plaisante. Ensuite la vue sur les montagnes est superbe. Je rencontre Carmen, une parisienne, alors que j’atteins la borne qui m'indique que je viens d'arriver en Galice.

Il me faudra 6h45 pour parcourir ces 22,5 km et 800 m de dénivelé. Cela me fait plaisir de voir le comité d’accueil qui m'attend à l'entrée de O'Ceibrero, composé de Diane, Jean-Marc et la Québécoise (j'ai oublié son nom).

Début de la Galice et arrivée à O'Cebreiro (1330 m)
Début de la Galice et arrivée à O'Cebreiro (1330 m)
Début de la Galice et arrivée à O'Cebreiro (1330 m)

Début de la Galice et arrivée à O'Cebreiro (1330 m)

O'Ceibreiro est un village charmant, très bien conservé et restauré mais un lieu qui doit être très touristique en été. La visite d'une maison traditionnelle ronde et au toit de chaume reconstituée est intéressante.

On assiste à la messe de 18 h dans une jolie église du XIe siècle avec les moines et une poignée de pèlerins.

O Cebreiro
O Cebreiro
O Cebreiro
O Cebreiro
O Cebreiro
O Cebreiro

O Cebreiro

Pour le souper, on goûte à la tarte de Compostelle faite avec des amandes, une spécialité de la Galice. Cela change du yaourt, du riz au lait, du flan, de la crème glacée ou de la crème à la vanille (natilla). Mon impression de l'Espagne, c'est qu'ils ne sont pas doués pour les desserts mais je ne sais pas si je devrais généraliser. En tout cas, ça fait plusieurs centaines de kilomètres que j'y pense!

L’accueil est plutôt froid dans tous les sens du terme au refuge de 100 places. On dort dans le dortoir no B d'une cinquantaine de lits superposés. Heureusement, il y a des radiateurs et on aura le chauffage la nuit. C'est moderne mais froid. Il y a une cuisine sans chaudrons ni ustensiles et une salle de bain avec des douches sans rideau de douche, ce qui en fait râler plusieurs dont Carmen qui trouve qu'on manque vraiment de respect pour les pèlerins. On a déjà la promiscuité des dortoirs, à cela s'ajoute ici celle des douches. Encore heureusement qu'elles ne sont pas mixtes!

Gateau de Santiago et auberge refuge de 100 places
Gateau de Santiago et auberge refuge de 100 places

Gateau de Santiago et auberge refuge de 100 places

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Published by Globetrotteuse - dans 2014 Compostelle
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29 octobre 2014 3 29 /10 /octobre /2014 18:45

Jour 57 - Santa Catalina de Somoza à Foncebadon (17,7 km)

Avec 2 ampoules supplémentaires aux gros orteils, il me faut un peu plus de temps pour panser tout ça, mais on dirait que la douleur diminue. Par contre, cela m'oblige quand même à ralentir le pas. Quand je marche tranquillement la douleur est supportable.

Très belle lumière en quittant Catalina
Très belle lumière en quittant Catalina
Très belle lumière en quittant Catalina

Très belle lumière en quittant Catalina

Pause pour le petit-déjeuner à El Ganso après 4 km. Ce sera un sandwich avec omelette française et un Americano pour moi. C'est un village mort. L'aubergiste me confirme qu'il n'y a que des personnes âgées qui vivent là. Le dernier agriculteur va bientôt prendre sa retraite. C'est Compostelle qui apporte de la vie durant la saison estivale. L'hiver il y a de la neige et seulement 6 familles de personnes âgées vivent au village.

Maintenant qu'on a quitté la Meseta, on retrouve plus de maisons en pierre. Par contre, beaucoup sont en ruine et c'est dommage.

El Ganso
El Ganso

El Ganso

On fera une autre pause au km 12 à Rabanal del Camino, un village beaucoup plus animé avec 2 églises et plusieurs albergues.

Sandwich et zumo de naranja pour Diane
Sandwich et zumo de naranja pour Diane
Sandwich et zumo de naranja pour Diane
Sandwich et zumo de naranja pour Diane

Sandwich et zumo de naranja pour Diane

Ensuite, le sentier monte. Nous marchons à travers les roches et la gravelle. Le paysage est joli. Il n'y a que quelques nuages mais il fait plus frais.

Je préfère m'arrêter à Foncebadon comme étape du jour, à 2 km avant la célèbre croix de fer pour ménager mes pieds, surtout qu'il y a une longue descente qui s'en suit. Foncebadon c'est un hameau avec quelques bâtisses qui ont été retapées pour être transformées en hébergement et les autres sont en ruine.

On s'installe à l'albergue Monte Irago, ou l’accueil est vraiment très chaleureux. On n'est que 3 dans le dortoir de 18 places quand on arrive car il est seulement 13h30 mais il va finir par se remplir. Naoko nous y rejoint ainsi que Martin le Hollandais qui dormira au-dessus de Diane. En prime, elle aura une grosse ronfleuse à ses côtés. Moi je suis chanceuse car c'est plutôt calme dans le coin que j'ai choisi.

Comme il est encore tôt et qu'elle n'a marché que 17,7 km, Diane fera un aller et retour jusqu'à la Cruz de ferro pendant que je me régalerai avec une super soupe aux légumes et lentilles. L'albergue est vraiment sympa. Ils ont un repas végétarien et il y a un beau foyer pour se réchauffer car les soirées sont fraîches.

Foncebadon
Foncebadon
Foncebadon
Foncebadon

Foncebadon

Jour 58 - Foncebadon à Ponferrada (28 km)

On a droit à tout un lever de soleil sur les montagnes. En arrivant à la croix de fer, comme le veut la tradition, nous déposons ou lançons nos pierres qu'on a rapportées du Canada. L'endroit n'est pas si spécial que ça. Une toute petite croix en haut d'un immense poteau en bois entouré d'une montagne de roches. Naoko nous rejoint.

Cruz de ferro (9 m de haut), séance photo avec Naoko
Cruz de ferro (9 m de haut), séance photo avec Naoko
Cruz de ferro (9 m de haut), séance photo avec Naoko
Cruz de ferro (9 m de haut), séance photo avec Naoko
Cruz de ferro (9 m de haut), séance photo avec Naoko

Cruz de ferro (9 m de haut), séance photo avec Naoko

Ensuite c'est la descente. On passe devant l'auberge archaïque de Manjarin ou on a failli dormir, si je n'avais pas eu mes ampoules aux pieds. Elle est sans électricité, sans douche, avec plein de panneaux à l'entrée. Jean-Marc y a passé la nuit. En fait, Diane et moi on est bien contente de ne pas y avoir dormi.

La descente en passant devant l'albergue de Manjarin
La descente en passant devant l'albergue de Manjarin
La descente en passant devant l'albergue de Manjarin

La descente en passant devant l'albergue de Manjarin

C'est un des plus beaux paysages du Camino avec des montagnes bleutées tout autour. On est monté jusqu'à environ 1500m, le point le plus haut de notre chemin de Compostelle. Je me suis assise quelques minutes sur le bord de ce chemin blanc pour admirer le panorama.

Compostelle - Foncebadon et Ponferrada
Compostelle - Foncebadon et Ponferrada
Compostelle - Foncebadon et Ponferrada
Compostelle - Foncebadon et Ponferrada
Compostelle - Foncebadon et Ponferrada

En descendant, on arrive au joli village de Acebo avec ses maisons aux toits d'ardoises. C'est là que Diane m'attend pour la pause du matin: café, tortilla et tostadas.

Village de Acebo
Village de Acebo
Village de Acebo

Village de Acebo

Le sentier continue à descendre jusqu'à ce qu'on arrive au village de Molinaseca avec 2 églises. Il est assez touristique. Après avoir traversé un vieux pont de pierres, la rue principale est bordée de restaurants, bars et plusieurs albergues. Je me paye le luxe de manger une lasagne végétarienne.

Bonne descente jusqu'à Molinaseca
Bonne descente jusqu'à Molinaseca
Bonne descente jusqu'à Molinaseca
Bonne descente jusqu'à Molinaseca
Bonne descente jusqu'à Molinaseca
Bonne descente jusqu'à Molinaseca
Bonne descente jusqu'à Molinaseca

Bonne descente jusqu'à Molinaseca

J'aperçois la ville de Ponferrada au loin mais cela me prendra une éternité pour la rejoindre. En route, j'ai la chance de trouver de succulentes figues, les dernières de la saison. La végétation change. C'est plus vert. Il y a même un peu de vigne qu'un troupeau de moutons est en train de tailler.

Avec une Allemande, je prends un petit sentier de pierre pensant qu'il longe la route mais on se retrouve à traverser une propriété privée. Je ne sais pas si c'est à partir de là qu'on a manqué les indications mais il y avait deux chemins pour se rendre à Ponferrada et j'ai pris celui qui contournait, ce qui m'a rallongé de 2 km.

Diane a pris l'autre chemin et m'a attendu 1 heure au 1er café devant lequel je ne suis jamais passée. J'arrive donc à l'auberge paroissiale San Nicolas avant elle. C'est la première et la dernière fois que ça arrive! Il y a 185 lits dans l'albergue mais on choisit de dormir dans l'aile réservée aux femmes et on aura une chambre de 4 lits pour nous deux.

Enfin arrivée à Ponferrada!
Enfin arrivée à Ponferrada!
Enfin arrivée à Ponferrada!

Enfin arrivée à Ponferrada!

Ponferrada est une ville intéressante. Son principal attrait est son château médiéval des Templiers. Malheureusement, on arrive 15 minutes trop tard pour la visite. Comme on est dans une ville, on en profite pour faire des courses pour le petit déjeuner (du muesli pour faire changement des toasts / baguettes toujours un peu dures et séches).

On soupe dans un restaurant italien: vive la pizza! Et ensuite on assiste à la messe qui se termine par la bénédiction des pèlerins (peu nombreux dans l'église) durant laquelle le curé nous asperge d'eau bénite.

Quand on rentre à l'albergue, c'est l'ambiance Woodstock avec toute une gang de pèlerins en train de chanter dans la salle à dîner au son de la guitare. On aperçoit Jean-Marc. Diane et moi on file directement à notre chambre, pour une fois qu'on peut profiter de la tranquilité...

Ponferrada
Ponferrada
Ponferrada
Ponferrada
Ponferrada

Ponferrada

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