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Retour sur notre premier road trip de 2 semaines avec Bélou, notre nouvelle van. Nous venons de faire une belle boucle de 1660 km au départ de Gatineau, en passant d’abord par l’Ontario pour rejoindre le Témiscamingue car aussi surprenant que cela puisse paraître la route qui longe la rivière des Outaouais s’arrête du côté du Québec. C'est pourquoi il faut donc passer par l'Ontario pour retourner ensuite au Québec. On est remonté jusqu’en Abitibi pour revenir en passant par la route 117 et la réserve faunique de La Vérendrye.
Nous avons traversé des villes et villages comme Mattawa, Témiscaming, Kipawa, Ville-Marie, Angliers, Rouyn-Noranda, Palmarolle, La Sarre, Taschereau, Amos et Val d’Or.
Les points forts de ce voyage:
On a été agréablement surpris de rencontrer aussi peu de touristes, pourtant on était là durant la première semaine des vacances de la construction. Cela nous a permis de vraiment profiter de la quiétude et de la beauté des lieux.
Nous n'avons eu aucune difficulté à faire du boondocking, c'est à dire de dormir dans la van en nous stationnant dans des endroits sauvages ou tranquilles. Toutes les villes et villages étaient acceuillants pour les vans et VR et avaient des stationnements gratuits ou parfois payants prévus pour passer une nuit dans sa van ou VR.
Le seul endroit ou on a dormi avec d'autres véhicules c'est sur le stationnement du Wallmart de Rouyn-Noranda. Sinon, on était toujours tous seuls. Un des villages les plus sympas qu'on a trouvé pour les vanlifers est Palmarolle. Ils ont une halte / aire de repos avec des espaces pour VR gratuits pour un maximum de 48 h, équipés avec eau et table de pique-nique. Il y a aussi des toilettes, un terrain de volley-ball, un jeu de poches, un espace foyer pour faire un feu ainsi qu'un jardin communautaire dans des bacs en bois.
Durant la plupart de nos randonnées on ne rencontrait que quelques marcheurs et parfois aucun. Nous avons fait les randonnées suivantes:
Parc Opémican:
- Randonnée circuit patrimonial dans le secteur Pointe Opémican avec des vestiges de l'époque du flottage du bois et l'ancienne auberge Jodoin qui logeait les travailleurs du bois. Mais il est triste de lire qu'il est de nos jours interdit de profiter de la plage pour se baigner car le site est encore contaminé de cette époque.
- Sentier Piers (1,7 km) avec beau point de vue sur le lac Témiscamingue et sentier de la Prucheraie (1,6 km).
- Sentier paroi-aux-faucons (1,8 km) avec le plus beau point de vue du parc selon moi, dans le secteur de la Rivière Kipawa.
- Sentier Inukshuk jusqu'à l'escalier de pierres avec la surprise de trouver un inukshuk de taille humaine qui surplombe le lac.
- La Grande Chute (1,2 km), majestueuse sur la rivière Kipawa, qui semble être menacée par le projet de barrage hydroéléctrique d'Onimiki, qui ne semble pas faire l'unanimité, au vu des grandes pancartes qui se trouvent à côté des chutes. Ce serait vraiment dommage que ce projet puisse impacter ce magnfique site.
Opémikan en algonquin = passe d'eau resserrée entre deux bras
Élargissement de la rivière des Outaouais, le lac Témiscamingue impressionne par son immensité: 110 km de longueur et jusqu'à 10 km de largeur et 216,2 m de profondeur. Nommé Temi Kami par les Anicinabeg ce qui signifie eaux profondes.
Sentiers des Collines de Kékéko. Ici on ne ramasse pas la crotte de son chien mais on l'expulse. Ah! Ah!
Kékék signifie épervier en Algonquin. Nous avons marché dans les collines de Kékéko à une dizaine de km de Rouyn-Noranda. On est presque surpris de rencontrer plusieurs marcheurs et coureurs. Les sentiers sont beaux et bien entretenus. On grimpe jusqu'à la tour d'observation avec une jolie vue sur les lacs environnants.
On est en pleine saison des bleuets et on a la chance d'en cueillir lors de chaque randonnée. Je n'en ai jamais trouvé autant et je me régale.
Une de nos plus belles randonnées sera autour du lac La Haie (13 km) dans le parc d'Aiguebelle. On a plusieurs points de vue magnifiques qui surplombent les falaises avec le lac en contre-bas. Au retour, on a croisé un peu plus de marcheurs, sinon c'était vraiment tranquille.
Sentier du Mont Dominant (8 km), Parc d'Aiguebelle. La vue n'est pas aussi belle qu'on l'espèrait, surtout avec les grandes tours de communication, mais les bleuets nous attendaient
Un autre point fort de notre séjour en Abitibi et Témiscamingue a été la gentillesse des gens. Très souvent, ils venaient vers nous pour nous parler, nous recommander des endroits à visiter ou des endroits pour dormir avec notre van. Un soir, alors qu'on était stationné près d'un lac et au bord de la route, un homme s'est arrêté avec son véhicule pour nous demander si on pensait passer la nuit là. On lui a dit oui. Il nous a alors indiqué une halte avec poubelle et table de pique-nique au bord de l'eau, connue des gens locaux seulement, mais plus éloignée de la route. Ce fût un endroit parfait et tranquille pour dormir avec Bélou, que nous n'aurions jamais trouvé par nous-même. Quand on l'a remercié, le monsieur nous a répondu ''Comme on n'a pas beaucoup de touristes, et bien quand on en a, on en prend soin''.
Durant nos 16 jours de voyage, on aura pris des douches quand on était dans les parcs de la SÉPAQ et sinon a eu la chance de se baigner 7 fois soit dans la rivière ou dans les lacs. L'eau était vraiment bonne et on a trouvé quelques jolies plages de sable. Par contre, quand je me suis baignée dans le lac Abitibi l'eau était plutôt trouble et brunâtre. L'explication qui nous a été donnée par quelqu'un est que ce n'était pas un lac de roches comme le lac de Kipawa.
Un aperçu de notre van life
Les 2 seules fois ou nous n'avons pas dormi dans la van c'est quand on a fait du kayak-camping. Là, on a dormi dans la tente et on a utilisé notre kayak gonflable 2 places. Nous avons passé une nuit, tous seuls sur notre île comme 2 Robinson Crusoe dans le parc de Opémican, géré par la SÉPAQ. En tout, ils n'ont que 2 sites de canot-camping dans le secteur de l'île aux fraises et en plus, ils sont loin l'un de l'autre.
L'environnement est superbe avec plein de petites îles autour. On a pu se baigner et faire le tour des îles en kayak. Par contre, on a eu droit à un changement radical de météo avec du vent, des vagues et de la pluie. On a dû s'arrêter pour s'abriter pour attendre que la tempête se calme. Une petite sortie en kayak d'une heure s'est transformée en une sortie de 3h30. En plus, on a viraillé entre les îles car on ne retrouvait plus notre petite île, ce qui n'était rien pour rassurer la kayakiste débutante que je suis.
Kayak camping dans le parc d’Opémican, secteur de l’île aux fraises, un endroit sauvage ou on ne rencontre presque personne 🍓
Notre 2e parc pour faire du kayak-camping était sur le bord du lac Loîs, dans le parc d'Aiguebelle. À l'instar du parc Opémican, force est de constater que le canot-camping n'est pas populaire ici non plus ou bien il n’est pas mis en valeur par la SÉPAQ. Le gros avantage c'est que nous n'avons pas eu besoin de réserver d'avance comme dans la plupart des parcs de la SÉPAQ. On est arrivé sur place et on a demandé s'il y avait de la disponibilité. À Opémican, il a fallu attendre le lendemain pour avoir un site tandis qu'à Aiguebelle les 2 campings avec 5 et 6 sites étaient entièrement libres.
Quelle n'a pas été notre surprise en arrivant au camping #1 après environ 45 minutes à pagayer! Le camping semble complètement à l'abandon. Il n'est pas du tout entretenu. Des herbes hautes et arbustes poussent sur les emplacements pour mettre les tentes. Les sites sont dans le bois sans aucune vue sur le lac à part un. Il est clair que personne n'est venu camper ici depuis longtemps. Pas question de dormir ici! On décide donc de se rendre jusqu'au camping #2 en espérant qu'il sera mieux. Ce sera une bonne décision car même s'il est loin d'être entretenu, au moins, on a une petite plage et des espaces dégagés et plats pour planter la tente. Par contre, heureusement que personne d'autre n'avait réservé de sites car ils n'auraient pas eu d'autres choix que de désherber pour se trouver un espace. C'est quand même déplorable qu'on paye pour des sites aussi peu entretenus. La réponse de la seule employée de la SÉPAQ qui s'est pointée avec une heure de retard sur l'horaire d'ouverture du bureau d'accueil est qu'ils manquent de personnel. Le lendemain quand on est parti, il y avait un étudiant qui venait de se joindre à elle.
Le côté positif c'est que là aussi on a pu jouer à Robinson Crusoe et même se baigner tous nus dans le lac. On avait aussi du bois pour faire un feu, alors qu'à Opémican il fallait payer un extra pour avoir du bois. Le soir, on a été attaqué par les moustiques. Impossible de tous les tenir à distance de la tente. Avant de s'endormir on a fait la chasse aux moustiques alors que une horde de moustiques s'aglutinait à l'extérieur autour de la moustiquaire. Il a fallu que je me retienne d'aller faire pipi durant la nuit car je ne voulais pas qu'ils me suivent à l'intérieur.
En conclusion, je dirais que j’ai été agréablement surprise par ce que cette région avait à nous offrir. Cela a largement dépassé mes attentes. Bon, les moustiques, brûlots et mouches à chevreuil ont parfois été un peu agressifs mais on a été très chanceux côté température. Il a fait beau et chaud la plupart du temps. Les rares journées de pluie ne nous ont pas trop gêné car on en a profité pour faire des courses, ranger et faire du ménage dans la van.
Avec Bélou tout s’est bien passé. Les premières journées on cherche un peu les affaires mais ensuite on s’habitue et on s’adapte. Tout n’est pas encore parfait et on planifie déjà les prochaines améliorations à faire, surtout pour empêcher les moustiques de rentrer. À suivre…