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Si la plupart des randonneurs s'y prennent des mois d'avance pour réserver leurs emplacements de camping en arrière-pays dans le parc provincial du lac Supérieur, ce ne sera pas notre cas. On veut se garder la liberté de décider à la dernière minute si on part faire de la longue randonnée, en fonction de la météo. C'est la même chose pour le kayak-camping. On s'en va donc directement au centre des visiteurs et une jeune employée qui parle très bien le français va nous aider à planifier nos prochains jours dans le parc en fonction des sites de camping de disponibles et du nombre de km qu'on prévoit marcher. En fait, même si on est en haute saison pour la longue randonnée, il y a quand même des sites de disponible.
Pinguisibi (Sand River): On a marché une partie du sentier linéaire qui longe la rivière (environ 4 km aller-retour) jusqu'à la très belle chute de Lady Evelyn. Ensuite comme il y avait de plus en plus de moustiques et qu'on s'éloignait un peu du bord de l'eau, on a décidé de faire demi-tour.
C'est notre première nuit dans la tente au bord du lac Supérieur, à seulement 1 km de marche de la route et on profite déjà de la nature et d'un avant-goût de ce qu'est la Coastal Trail. Il s'agit d'une longue randonnée de 65 km, le long du lac Supérieur qui se fait en 5 à 7 jours. Au cours des prochains jours, nous allons en faire plusieurs tronçons, dont celui-ci qui est peu fréquenté. On sera les seuls campeurs cette nuit-là. La plupart des randonneurs le sautent car il est trop proche de la fin ou du début du sentier.
On campe juste à côté d'une plage de galets. Il y a 5 emplacements de camping et on sera les seuls à camper là. C'est donc bien tranquille. On est bercé par le bruit des vagues mais on entend quand même un peu le bruit des véhicules. Cela nous rappelle que malgré l'endroit qui nous semble sauvage, la route n'est pas si loin. Avec 11 dégrés, la nuit a été fraîche mais j'ai très bien dormi. Je réalise que bien que j'apprécie notre nouveau luxe de dormir dans la van, j'aime toujours autant dormir dans la tente.
On aura droit à un superbe coucher de soleil rose avec des jaseurs des cèdres qui virevoltent autour de nous. Quand je me suis levée au milieu de la nuit, le ciel était complètement dégagé et j'ai pu admirer la voie lactée.
Coastal trail proche de Bald Head, Lake Superior Provincial Park
Prochaine section: on marche environ 4 km sur la Orphan Lake trail pour se rendre jusqu'à Bald Head North campsite. Il y a 4 sites de camping et on choisit le 1er ombragé mais avec une vue sur l'immense baie avec une île en face. Cette nuit 3 sites sur les 4 seront occupés.
En après-midi, on marche 1h30 le long de la Coastal trail. Le sentier longe parfois l'eau. On marche dans les galets et parfois on escalade des roches mais ce n'est pas difficile car les roches sont sèches. Le ciel et l'eau sont d'un bleu magnifique. On croise quelques randonneurs avec un énorme sac à dos qui font la Coastal Trail au complet. Je les envie un peu. On se baignera avant le souper.
Aujourd'hui on a eu la chance de voir un piguargue à tête blanche et d'écouter un concert de 7 huards sur le lac.
20h45: un autre magnifique coucher de soleil sur le Lac Supérieur que l'on admire du haut d'un gros rocher
Après une autre bonne nuit de sommeil dans la tente, on déjeune. Puis on part léger explorer le côté sud de la Coastal trail. On marche sur une plage de galets, puis sur le rocher avec toujours la vue sur l'immensité du lac mais cette fois-ci le ciel est nuageux. Le bleu d'hier s'est transformé en gris mais c'est quand même grandiose. On se rend jusqu'à la baie de l'autre côté avant de faire demi-tour, de packeter la tente et de repartir jusqu'à Bélou.
On continue notre exploration de la Coastal Trail. Cette fois-ci, on veut faire la section la plus au nord du sentier. Après plusieurs hésitations et discussions avec le personnel du parc qui nous avait d'abord déconseillé de rouler sur la Gargantua road avec la van, on en reparle avec une autre employée du parc ainsi que d'autres randonneurs qui y sont allés, et cela ne semble pas si pire que ça. On se dit que Bélou devrait être capable de rouler sur cette route de terre avec beaucoup de nids de poule. En plus, la chance est avec nous car la veille il n'y avait aucun emplacement de camping de disponible et ce matin il y en a un qui s'est libéré, juste pour nous.
On roule donc tranquillement et prudement sur la Gargantua road mais c'est tout à fait praticable avec Bélou. Cela nous prendra 1 h pour parcourir les 14 km jusqu'au petit stationnement, là où débute le sentier.
On marche 7 km de sentier facile jusqu'à la magnfique baie Warp. On y découvre une belle grande plage de sable blanc avec de petites îles en face.
Il y a seulement 2 sites sur les 5 qui sont occupés. On choisit le site #2, très bien situé en face de la baie et proche de la plage. On est vraiment chanceux de se retrouver dans un si bel environnement. Par contre, les ''sand flies'' vont nous gacher un peu la soirée et le souper sur la plage. Elles nous piquent les pieds et le visage. On sera obligé de manger avec la moustiquaire sur la tête.
Juste le temps d'installer la tente et on repart à 15h50 pour aller jusqu'à Chalfant Cove. Sur les pancartes on avait vu 2 km mais en réalité c'est plutôt 3,5 km de marche pour se rendre jusqu'au bout du sentier de la Coastal trail. En chemin on a rencontré 2 tetras et une gélinotte.
Le lendemain matin avant de lever le camp, on va marcher environ 2 km pour faire la dernière section de la fourche nord et nous rendre jusqu'à une plage de sable noir et au point de vue en face de Chair island, île qui a changé de nom (quand? je ne le sais pas) mais qui sur notre vieille carte datée de 2004 s'appelait alors Devil's Chair island.
Le sentier n'est pas bien entretenu. On marche parfois dans de la végétation plus haute que moi et qui nous empêche de voir où on met les pieds. On ne rencontrera personne.
Notre carte vintage du parc (datée de 2004), à laquelle je tiens beaucoup car elle nous a été donnée par nos amis Janice et David, a été critiquée par une employée du parc qui a osé dire qu'elle était juste bonne à accrocher au mur comme décoration. Celle-ci indique qu'il s'agit d'un site religieux important pour le peuple Ojibwe. C'est peut-être la raison pour laquelle le mot ''Devil'' a disparu de la nouvelle carte. Selon la légende, Nanabozho, le géant esprit protecteur de la nation Ojibwe se serait reposé là après avoir sauté par-dessus le lac.
Après une courte baignade dans le lac, il faut quitter le camp. Cet endroit était vraiment beau et sauvage. Dommage que le soleil n'ait pas réussi à percer les nuages car je sais que cela aurait été encore plus beau sous un ciel bleu.
Prochaine aventure: on vient de réserver une nuit de camping pour le lendemain sur la partie sud du lac Mijinemungshing qui n'est accessible qu'en canot ou kayak. Ce sera l'occasion d'essayer notre nouveau kayak gonflable double avec tout le matériel de camping à l'intérieur.
On a choisi la bonne journée pour le kayak car le ciel est bleu et il n'y a pas un brin de vent. L'eau est un miroir avec juste quelques moutons blancs qui sont le reflet du ciel. C'est parfait pour moi qui suis encore en période d'apprentissage du kayak et d'apprivoisement de ma crainte d'être sur l'eau.
Je suis bien contente qu'on ait choisi de partir explorer ce ''petit'' lac (tout est relatif car c'est quand même le plus grand lac intérieur du parc avec 40 km de rive) plutôt que d'aller sur les rivages du lac Supérieur qui m'intimide par son immensité et ses possibles redoutables vagues.
Campsite 5 of 7, lac Mijinemungshing South Section, Lake Superior Provincial Park
On pagayera environ 14 km sur ce joli lac dans notre journée. On a choisi le plus beau site de camping du secteur sud, sur un cap de roche, une sorte de promontoire à partir duquel on a une superbe vue sur une baie et plusieurs îlots. Le fond de l'eau est sableux, ce qui est parfait pour se baigner en toute quiétude. On a fait le tour du secteur en kayak et on constate que nous ne sommes que 2 sites sur 7 d'occupés. Comme on est tous seuls sur notre île, seul le chant du huard vient briser le silence.
C'est merveilleux d'être dans un si bel endroit. J'adore regarder ces grands pins tordus qui se démarquent des autres conifères autour d'eux. On est chanceux car nos prédécesseurs nous ont laissé du bois alors on a pu se faire un beau feu de joie et malgré l'ennuagement graduel, on a aussi pu profiter d'un autre beau coucher de soleil.
Il n'y aura pas de photos du lendemain matin car la pluie était au rendez-vous. On s'est levé tôt à 6h30 et on a juste eu le temps de défaire la tente avant que la pluie ne commence. On a déjeuné sous la toile. La pluie a cessé juste assez longtemps pour qu'on puisse charger et attacher l'équipement dans le kayak et repartir sans trop de vagues ni trop de vent.
Sentier qui mène au pont suspendu de la White River et Hook Falls, Parc national de Pukaskwa
Nous voici partis pour 2 jours de randonnée dans le magnifique parc Pukaskwa, un endroit magique et surtout très reculé. On se trouve toujours au bord du lac Supérieur mais sur la rive nord. Ce parc se situe sur le territoire traditionnel des Biigtigong Nishnaabeg ainsi que des Netmizaaggamig Nishnaabeg.
À l'acceuil du parc on a réservé une nuit au backcountry campsite de Picture Rock Harbour South (PRH3) mais avant cela, il a fallu compléter une petite formation d'orientation obligatoire sur le camping et la randonnée en région sauvage. Comme il n'y a pas d'employé qui parle le français, ils nous permettent de lire la présentation Powerpoint en français sur l'un de leurs ordinateurs, ce que j'ai vraiment apprécié car sinon il aurait fallu attendre au lendemain matin que le superviseur bilingue soit là pour nous donner la formation. Cela aurait retardé notre départ.
Autour de notre campement de Picture Rock Harbour South (PRH3), parc national de Pukaskwa
Partis à 8h10, on parcourt 19,4 km de sentier facile jusqu'au pont supendu dans le bois, puis on arrive aux chutes Hook pour notre pause lunch et on revient sur nos pas pour ensuite emprunter le sentier Mdaabii Miikna qui signifie ''Go along the shore'' en Anishnaabe, jusqu'à notre destination du jour: le magnifique Havre de Picture Rock. On y arrive à 14h30. On a rencontré seulement une poignée de randonneurs dont un couple charmant de Québécois.
L'endroit est magique! Si il y avait eu des palmiers à la place des conifères et qu'il avait fait plus chaud, on se serait crû aux Caraîbes car on est face à une plage de sable blanc et d'une eau turquoise et crystaline. On discute avec un couple sur le point de partir, qui viennent de camper 2 nuits ici. Ils ont adoré l'endroit et m'encouragent vivement à aller me baigner malgré les 16 degrés extérieurs. J'y vais et je ne le regretterai pas car une fois dans l'eau on est très bien et c'est tellement beau.
Selon moi, on a dormi dans le plus beau site de camping en arrière pays de tout notre voyage. Que demander de mieux que cet endroit de rêve?
Un autre superbe coucher de soleil sur le lac Supérieur à Picture Rock Harbour South, parc national de Pukaskwa
Petite annecdote: on était content de voir qu'il y avait une boîte anti-ours pour ranger notre nourriture mais on se demandait pourquoi il y avait aussi des barils bleus étanches pour le canotage à l'intérieur de la boîte. C'est plus tard dans la soirée qu'on a compris, quand on a sorti nos sacs de nourriture et qu'on a constaté qu'il y avait un petit trou dans un des sacs à lunch et qu'un biscuit au chocolat avait été grignoté. On n'avait pas lu les indications dans la boîte. C'était pas des ours qu'il fallait se méfier le plus mais des souris et c'est pour cela qu'il fallait mettre notre nourriture à l'intérieur du baril bleu qui était à l'intérieur de la boîte anti-ours mais qui n'était pas à l'épreuve des souris.
Jour 2 sur la Mdaabii Miikna et Coastal Hiking Trail, Parc national de Pukaskwa
Pour notre jour 2, nous parcourons 17,1 km pour un total de 36,5 km en 2 jours. Au départ, on a perdu une demi-heure parce qu'on est parti dans la mauvaise direction. Le sentier, plus technique (j'ai glissé et suis tombée 2 fois) avec beaucoup de montées et descentes, est encore plus beau que la veille. Dans la première section, on longe la côte, puis on grimpe et on descend plusieurs fois avec des points de vue sublimes sur le lac Supérieur. On ne rencontrera personne avant la jonction du sentier côtier. J'ai adoré cette partie du parc de Pukaskwa.
Durant la journée, on a pu observer une perdrix, un faucon pèlerin et une couleuvre rayée de l'est.
Notre 2e sortie de kayak-camping sera dans le parc provincial de Killarney au nord de la baie Georgienne. On était venu dans ce parc l'année passée mais pour faire de la randonnée. Comme on ne veut pas faire de portage et en fonction des sites de canot-camping de disponibles, on choisit alors le lac Johnnie.
Une fois encore, nous avons choisi nos journées en fonction de la météo et c'est sous un ciel entièrement bleu et très peu de vent que nous pagayons pour nous rendre tout au bout du lac jusqu'à notre site de camping #117 (#64 sur notre ancienne carte généreusement offerte par nos amis Janice et David).
L'eau est calme et c'est agréable de visiter toutes les baies en chemin.
Notre campement #117 est magnifique - Parc provincial de Killarney - Johnnie Lake
Le lendemain matin on se réveille dans une atmosphère quasi mystique. La brûme recouvre le lac et le soleil peine à percer.
Lever de soleil sur le lac Johnnie
Il vente un peu pour le retour. Cela nous prendra environ 1h45 pour rejoindre la berge à l'autre bout du lac.
Ces sorties de randonnée-camping et kayak-camping nous auront permis d'approfondir notre exploration de cette région des grands lacs de l'Ontario. On a réussi en faisant seulement des réservations de dernière minute à dénicher des sites de camping en arrière pays absolument fantastiques. Ce qui m'a surpris c'est qu'on ait vu si peu de navigation sur le lac Supérieur. En fait, on n'a vu aucun kayak, aucun canot et seulement un petit bateau à moteur qui s'en allait certainement déposer des randonneurs au bout du sentier côtier.
Ce que j'en conclu c'est qu'on est chanceux de vivre dans un si beau pays et qu'il y a tant à découvrir en Ontario. Nous continuerons à explorer l'Ontario dans le futur, peut-être la partie plus au nord.