Venez découvrir ma passion et la réalisation de mes rêves: voyager à travers le monde ainsi que mes découvertes de nature sauvage, randonnée, trekking et pèlerinage. Parcours, carnets de route, impressions, photos, conseils...
Que se cache-t'il derrière cette porte? L'endroit où j'ai vécu 5 semaines intenses d'expérience de vie.
Après avoir passé 5 semaines au Rancho, je peux dire qu’une certaine routine s’était installée. La simplicité de ce style de vie faisait que je vivais le moment présent et je n'avais pas besoin de grand chose pour me sentir heureuse. Je me sentais parfaitement bien et intégrée dans mon environnement de jungle et je n'ai pas vu les journées passer.
Au début, il m’a fallu quelques jours pour arriver à dormir normalement car je n’étais pas habituée aux bruits ni à l’énergie de la jungle. Dès qu’il fait nuit, c’est la noirceur totale car il n’y a pas de pollution lumineuse. Le ciel étoilé est magnifique et en période de pleine lune, la lune nous éclaire et c’est encore plus beau.
Par contre, on sait que la civilisation n’est pas loin car on entend régulièrement les avions passer au-dessus de nous et on peut aussi entendre le bruit lointain des véhicules quand on est aux toilettes ou sur le toit de la maison, des endroits qui sont en hauteur, car la route des Cenotes est à environ un km du Rancho.
Être ici c’est avant tout une aventure humaine. On est entre 5 et 10 personnes à participer à un projet ensemble, à partager des espaces communs, et à faire des activités ensemble. Certains ne sont restés que quelques jours comme Robert et Julie ou Jimmy le copain de Blanca. D’autres comme Danielle et Julien restent à Puerto Morelos mais viennent ici de temps en temps. Et il y a le noyau de ceux qui sont restés tout le temps que nous y étions: Nathalie, Gab, Sophie, Blanca et nous.
Nathalie, Blanca, Sophie et Gab ont été là pendant presque les 5 semaines
Qu’est-ce qui fait que nous nous retrouvons ici? Qu’est-ce qui nous unit? Qu'est-ce qui fait qu'on s'est si bien entendu? On est un groupe multigénérationnel de personnes avec des histoires différentes mais qui partageons des valeurs communes. Pour avoir envie de venir vivre une expérience de vie dans la jungle, il faut avoir le goût de la simplicité, l'amour de la nature, le besoin de la tranquilité. Peut-être qu’on est aussi tous un peu en marge de la société, qu'on pense différemment et qu'on a envie de vivre différemment.
Nous avons eu des discussions respectueuses, profondes et enrichissantes que ce soit dans la cuisine, autour du feu ou bien encore durant le cercle de parole hebdomadaire. J'ai eu l'impression qu'on était tous réceptifs à l'énergie qui nous entourait et qu'on était en quête d’une société meilleure, plus authentique, basée sur des valeurs plus humaines. C'est un peu ce que j'ai retrouvé dans cet endroit et avec ce petit groupe.
La cuisine c'est vraiment l'endroit qui nous réunissait le plus. Il y avait presque toujours quelqu'un qui était en train de cuisiner et parfois on y était tous en même temps mais cela se passait à merveille. J'ai adoré ces moments de convivialité. C'était stimulant et inspirant d'observer tous ces Chefs à l'oeuvre. On avait un super grand espace bien équipé avec une cuisinière au gaz, un petit four électrique, 2 frigos, etc. Chacun avait son étage pour sa bouffe. On avait aussi chacun un bac en plastique sur une étagère pour la nourriture sèche mais attention aux rongeurs! Il fallait bien fermer les boîtes et tout emballer car on a eu quelques surprises. Je ne pensais pas que les souris aimaient les avocats.
Je pensais que j'étais une bonne cuisinière mais là je me suis sentie comme une débutante car la plupart cuisinait plus que moi et mangeait incroyablement bien. Nathalie par exemple faisait son propre beurre d'arachide et elle faisait des cookies absolument délicieux. Blanca passait des heures à cuisiner. Elle faisait son propre tofu et son lait de soya ainsi que des plats cuisinés incroyables. Quant à Sophie, elle préparait et mangeait des quantités considérables de légumes et fruits frais et ne préparait que des plats végans. Elle redoublait de créativité pour faire sa pâte à pizza ou bien des biscuits.
Un jour on a eu du fun à faire un concours de hummus. Nicolas et Justine étaient les juges. Une autre fois, on a fait un après-midi cookies. Et tous les lundis soirs c'était la soirée pizza. Nicolas fournissait la farine, la sauce tomate et le fromage mozzarela; Nathalie la levure et chacun s'occupait de sa garniture. Pour la première fois de ma vie, j'ai fait des pizzas incluant la pâte à pizza et cela a donné lieu à beaucoup de créativité et d'audace. On a même vu des pommes et de l'avocat sur certaines pizzas... Du fait que les pizzas étaient cuites directement au-dessus des braises du feu, elles avaient un ingrédient supplémentaire: le goût de boucane qui faisait toute la différence. Je me suis vraiment régalée et j'ai d'ailleurs décidé de continuer à faire des pizzas maison tous les lundis.
Les soirées pizza du lundi
Durant mon séjour au Rancho, j'étais responsable des poules. En fait, quand on est arrivé, il y avait seulement 3 poulettes. C'était les survivantes de 12 poussins. Puis, une semaine plus tard, 15 poussins se sont ajoutés sous ma garde. Malheureusement, les conditions métérologiques n'ont pas été favorables car très vite les températures ont baissé surtout la nuit. Alors la tragédie a commencé: décès du poussin #15 et #14 la première nuit. Puis, mort des poussins #13, 12, 11, 10 et 9 dans les jours qui ont suivi. Pourtant, je leur avais laissés une boîte en carton dont je protégeais l'entrée et je m'assurais chaque soir qu'ils étaient bien tous à l'intérieur pour se tenir chaud les uns les autres. Mais, on n'était pas équipé pour garder les poussins au chaud. Il aurait fallu avoir une lampe chauffante car les jeunes poussins avaient besoin d'une température de 32 - 34 degrés Celcius au début.
Les poulettes à l'arrivée et après 5 semaines
Au bout de 3 semaines, alors que la température rafraîchissait de plus en plus la nuit pour descendre jusqu'à 7 degrés Celcius une nuit, j'ai pu rentrer les poussins à l'intérieur d'une chambre dans une caisse en plastique chaque nuit. Je me suis vite rendue compte que l'un des poussins ne grossissait pas comme les autres. Un matin, je l'ai retrouvé tellement faible qu'il ne bougeait presque plus. Alors, je l'ai pris dans mes mains. Son petit corps était froid et il tremblait. Je l'ai gardé plusieurs heures dans mes bras pour le réchauffer. Puis, je lui ai donné à boire et il a repris des forces. Il a fini par manger. Quand j'ai voulu le remettre avec les autres, il revenait toujours vers moi, comme s'il me disait ''prends-moi dans tes bras''. J'ai fini par le reprendre et le garder dans une boîte en carton avec un autre poussin plus petit avec une ''doudou'' en tissu pour les garder au chaud. À chaque fois que je tentais de le remettre avec les autres, le poussin avait une nouvelle stratégie pour m'attendrir et me faire comprendre qu'il voulait rester avec moi. Il montait sur mon pied et si je déposais ma main au sol, il venait dans ma main. Dans mes bras, il venait se coller contre moi. Son endroit de prédilection était de s'installer sous mon cou ou bien dans mes cheveux. C'est clair qu'il cherchait de la chaleur.
Esperanza 🐥
Bref, j'ai fini par m'attacher à ce p'tit pou' que j'ai décidé d'appeler Esperanza, qui signifie espoir, attente, désir d'un avenir meilleur. Selon mes recherches, le caractère de Esperanza est optimiste, charmante, sensible, sociable et curieuse. Ce nom lui convient donc parfaitement car elle a failli mourir 2 fois, la 2e fois elle a été presque étouffée car écrasée et piétinée par les autres poussins durant une nuit. Elle était tellement crotée et faible qu'il a fallu recommencer à la réchauffer pendant des heures, puis lui donner un bain d'eau tiède pour la nettoyer. Elle faisait pitié à voir mais dans toute sa vulnérabilité j'ai senti qu'elle voulait continuer à se battre pour vivre mais surtout qu'elle continuait à me faire confiance et comptait sur moi pour la protéger. J'ai donc continué mon rôle de nounou et j'ai adoré m'occuper des poussins mais encore plus d'Esperanza.
Un jour, alors que j'avais emmené Esperanza sur le toit dans une boîte en plastique pour qu'elle se réchauffe au soleil pendant que je faisais mon yoga, elle est sortie 3 fois de sa boîte pour venir sur mon tapis de yoga car elle voulait être dans mes bras. Finalement, ma pratique solo de yoga s'est transformée en yoga-poussin, une nouvelle discipline de yoga que je songe à développer. Ah! Ah!
Jamais je n'aurais cru que j'aurais pu m'attacher autant à cette petite boule de plumes. J'ai été très émotive quand je suis allée dire aurevoir à Esperanza le jour du départ. J'aurais tellement aimé pouvoir l'emmener dans l'avion avec moi.
Ce séjour au Rancho a aussi été une expérience d'apprentissage personnel. J'ai développé de nouvelles habiletés. Jamais auparavent je n'avais conduit de 4-roues. J'ai aussi appris à manier une déchiqueteuse, à vérifier la pression de pneus, à regonfler des pneus, à allumer, surveiller et entretenir un gros feu. J'ai aussi fait des tâches plus exigeantes physiquement et moins intéressantes comme arracher des pousses d'arbres, des lianes, des racines, couper des branches, ratisser, etc. Mais surtout j'ai eu beaucoup de plaisir à faire ces activités en gang.
Mon expérience au Rancho a été très positive mais il y a un aspect qui m'a néanmoins affecté. J'adore la nature et les arbres. Pachamama ou la terre mère est ce qu'il y a de plus important. Quand j'étais dans la jungle je ressentais cette énergie de la terre, comme par exemple quand je me promenais ou quand je faisais mon yoga. Mais je la ressentais aussi quand on défrichait ou qu'on coupait des arbres. J'ai eu beaucoup de mal à ne pas me sentir affectée car un arbre coupé est une vie détruite et un arbre qu'on préserve en détruisant tout ce qui est autour de lui, c'est comme si on le blessait car on attaque son écosystème.
Je me suis donc concentrée à penser que le projet a tout de même une portée écologique car la nature va faire partie du projet, qu'il n'y aura qu'une petite portion de la jungle qui va être détruite et que cela est quand même moins pire que tous les projets domiciliaires qui se développent partout le long de la Route des Cenotes.
Parmi les arbres du Quintana Roo que j'ai appris à connaître il y a:
Les arbres de la jungle
Une des rares sorties que nous avons faites a été d'aller dans un cénote. Il s'agit de trous naturels dans la roche calcaire rempli d'eau douce dans lesquels on peut se baigner. Selon Wikipédia: ''Les cénotes se sont formés à des époques glaciaires, depuis 2,4 millions d’années, lorsque les plateaux calcaires sur lesquels ils se trouvent étaient émergés, le niveau de l’océan étant plus bas de dizaines, voire de centaines de mètres. S’infiltrant dans les fissures et failles de la roche, le ruissellement des eaux de pluie a alors dissout les terrains calcaires, créant un réseau souterrain karstique de grottes et rivières.''
Ce que j'ai préféré a été de me baigner dans la grotte avec des stalagtites et stalagmites et aussi avec le masque pour voir quelques poissons. Par contre, à 400 pesos ou environ 32 CAD$, c'est une activité un peu chère car c'est pas très grand et 2 h sont suffisantes pour profiter des 2 trous accessibles à la baignade.
Les coatis, ces mignons mammifères carnivores, que l'on rencontrait souvent sur le bord des routes et parfois même en ville
Une des activités que j'ai adorée faire au rancho c'est l'observation des oiseaux. Quand on est dans la jungle c'est plus difficile de les observer à cause de la végétation. Par contre, proche du Rancho comme il y a des espaces découverts et surtout des endroits de prédilection pour les oiseaux comme la cuisine ou les douches à cause de la proximité de l'eau qui les attirent, j'ai souvent eu l'occasion de voir des grives des bois, des habias à gorge rouge mais aussi une paruline à capuchon. Celle-ci m'a donné du fil à retordre car je la voyais presque chaque jour quand j'allais aux toilettes ou à la douche. Parfois, elle traversait même l'espace de la douche mais comme elle était presque toujours en mouvement, je n'arrivais pas à la photographier. C'est seulement 2 jours avant le départ que j'ai réussi à prendre 2 clichés réussis.
À la fin de notre séjour dans le Quintana Roo, j'ai eu la chance d'observer mon plus bel oiseau du Mexique, le motmot aux sourcils bleus. Il est resté là durant de longues minutes comme si il voulait poser devant ma caméra. J'ai vécu un moment magique de pouvoir le voir d'assez proche dans toute sa splendeur avec ses couleurs qui vont du turquoise au roux et surtout avec cette longue queue si particulière et ses 2 plumes au bout formant comme une raquette.
Le bilan de mon expérience est très positif. Je n'avais jamais vécu une telle immersion dans la jungle. Partir a été difficile et rempli d'émotions car je savais déjà que beaucoup de choses allaient me manquer comme:
Je ne sais pas quand, mais j’espère que si la vie le décide ainsi, nous retournerons au Rancho dans le futur. Ce n'est pas tant la région du Quintana Roo qui m'a plu mais plutôt l'expérience de vie en communauté au Rancho avec des personnes extraordinaires.
Hasta lueguo amigos!